Le syndrome prémenstruel (SPM) regroupe des manifestations à la fois physiques et psychiques qui apparaissent pendant la phase lutéale du cycle féminin, c’est-à-dire en seconde partie de cycle, principalement la semaine précédant les règles.

Par Marine Dodet – Naturopathe scientifique, formatrice et conférencière

Ce SPM, parfois pris à la légère par les médecins ou gynécologues, concerne pourtant environ 80 % des femmes. Ses symptômes en sont très variés puisque plus de 150 manifestations différentes ont déjà été répertoriées, allant des troubles de l’humeur aux tensions mammaires.

Si ces manifestations prêtent parfois à sourire, de nombreuses femmes rient alors jaune : de 4 à 8 % d’entre elles souffrent en effet d’un syndrome psychique sévère, connu sous le nom de trouble dysphorique prémenstruel, réduisant nettement leur qualité de vie.

À l’origine des troubles

L’étiologie des troubles prémenstruels est encore mal comprise. Plusieurs études suggèrent que les modifications cycliques des niveaux d’œstrogène et de progestérone déclenchent les symptômes. Les changements d’humeur en particulier peuvent être imputables aux effets de ces hormones sur la sérotonine, le GABA et la dopamine, trois neurotransmetteurs cérébraux qui jouent sur la volonté, la motivation, et l’humeur en général.

Œstrogène et progestérone peuvent également modifier l’équilibre des hormones régulatrices de la réabsorption de l’eau au niveau des reins (aldostérone notamment) et augmenter la perméabilité des capillaires, ce qui pourrait expliquer en partie le gonflement et les œdèmes qui surviennent en seconde partie de cycle chez les femmes qui y sont sensibles.

On observe également souvent une production anormale des prostaglandines, des molécules intervenant dans la régulation de l’inflammation. Il en résulte un déséquilibre entre les prostaglandines PGE1 et PGE2 favorisant ainsi les prostaglandines inflammatoires et, in fine, une sensibilité accrue des récepteurs hormonaux en phase lutéale.

Les approches naturelles qui ont fait leur preuve

Nous laisserons à la médecine allopathique les contraceptifs oraux progestatifs et les antidépresseurs de type inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, qui, bien qu’efficaces, présentent des risques et effets indésirables non anodins.

L’hygiène de vie antiSPM

L’activité physique, par son action stabilisatrice de l’humeur, est une première habitude à mettre en place. L’alimentation, en particulier anti-inflammatoire, permet de contrer les effets négatifs du déséquilibre PGE1/PGE2. On favorisera donc une alimentation à dominante végétale, riche en légumes crus et cuits, et apportant des glucides à indice glycémique bas, surtout le soir, afin de favoriser le passage du tryptophane à travers la barrière hématoencéphalique, le tryptophane étant le précurseur de la sérotonine, hormone du bien être.

On veillera également à ne pas être carencée en calcium, magnésium, vitamines B et E et en acide linoléique, car la carence en ces éléments nutritifs semblent favoriser la survenue du SPM.

À l’inverse, l’excès de sucre, la caféine et l’alcool augmentent la sévérité des symptômes. Il serait donc bienvenu de les diminuer drastiquement.

Les plantes aidantes

De nombreuses études se sont intéressées au gattilier (Vitex agnus-castus) et toutes montrent son intérêt dans l’atténuation du SPM. L’utilisation de cette plante, aux propriétés « progestérone-like », est considérée comme sûre et efficace.

Pour les femmes souffrant de rétention et d’œdèmes, la vigne rouge, en s’opposant à l’accroissement de la perméabilité des capillaires, permet d’en limiter les symptômes.

Enfin, les plantes traditionnellement soutenantes du foie, telles que le desmodium, l’artichaut ou le chardon-marie, pourront aider cet organe clé dans la désactivation des hormones sexuelles et la régulation des hormones de la rétention sodée.

Et la micronutrition

La complémentation en huile de bourrache et/ou d’onagre pourra être recommandée, ces huiles assurant un meilleur équilibre entre les PGE1 et PGE2 et réduisant ainsi le fond inflammatoire. L’apport de tryptophane et/ou de 5-htp, les précurseurs de la sérotonine, est une piste sérieusement étudiée et pertinente.

On fera néanmoins attention à ne pas manquer des cofacteurs nécessaires à la transformation du tryptophane en sérotonine, dont notamment les vitamines B6, B9, B12, le magnésium, le fer et le cuivre. Concernant ces deux derniers minéraux, il est totalement déconseillé de se complémenter en l’absence de carence avérée.

Enfin, des études portant sur une supplémentation en calcium, à des doses de 500 mg/j chez des femmes souffrant d’un SPM modéré à sévère, ont montré une réduction significative des symptômes. Évidemment, aucune de ces approches seules n’est efficace à 100 %.