Texte : Marine Dodet, naturopathe scientifique, formatrice et conférencière

Selon l’Institut Pasteur, en France, la grippe saisonnière touche en moyenne 2,5 millions de personnes par an et tue 5 personnes par jour, majoritairement chez les plus de 65 ans. Ces chiffres, qui concernent aussi bien des personnes vaccinées que non vaccinées, sont suffisamment éloquents pour s’intéresser aussi aux approches naturelles que les peuples anciens utilisent depuis bien longtemps pour prévenir et soigner rhumes et grippes.

La recherche scientifique s’est également penchée dessus et en a validé un certain nombre. Voici lesquelles.

L’usage des plantes

Les recherches en phytothérapie ont montré l’intérêt d’un certain nombre de substances biochimiques extraites de végétaux.

Parmi celles-ci, on trouve notamment la glycyrrhizine, qui est un composant actif des racines de réglisse, et des extraits de ginseng coréen. La glycyrrhizine, en activant certaines cellules immunitaires, a ainsi protégé des souris exposées à une quantité mortelle de virus de la grippe. Les extraits de ginseng réduisent, eux, la durée, la gravité et la fréquence des symptômes, et l’incidence de la grippe.

Plus connues peut-être, les préparations d’échinacée sont largement utilisées pour la prévention et la gestion du rhume. Une étude portant sur 473 patients a montré qu’une boisson chaude à base d’échinacée s’est avérée aussi efficace que l’oséltamivir, un traitement antiviral oral utilisé pour le traitement et la prévention des grippes A et B, dans le traitement précoce d’infections par le virus de la grippe. Et ce, avec un risque réduit de complications et d’évènements indésirables…

Et de nombreux autres extraits végétaux sont actuellement en cours d’études avec des effets prometteurs, aussi bien dans la prévention que dans le traitement des infections respiratoires.

Les compléments alimentaires

Côté minéraux, ce sont le zinc et le sélénium qui semblent tirer leur épingle du jeu. Ainsi, l’administration orale de zinc réduit la durée et la gravité d’un rhume, tandis que l’utilisation de compléments de sélénium améliore la réponse immunitaire aux infections virales.

L’utilisation des vitamines C et D dans la prévention et le traitement des infections respiratoires virales fait encore débat et toutes les études ne sont pas concluantes. Néanmoins, plusieurs d’entre elles recommandent une supplémentation en vitamine C pour la prévention du rhume, et pour en réduire la durée et la sévérité.

Les études les plus nombreuses et les plus concluantes concernent surtout les probiotiques. Par exemple, l’administration orale de Bifidobacterium longun chez des souris infectées a amélioré les symptômes cliniques, réduit la mortalité et l’inflammation des voies respiratoires inférieures, diminué la prolifération virale, la mort cellulaire et les molécules pro-inflammatoires.

Chez les enfants âgés de 3 à 5 ans présentant un rhume et des symptômes de type grippal, la supplémentation alimentaire quotidienne en probiotiques pendant 6 mois s’est avérée un moyen efficace de réduire la fièvre, la rhinorrhée, l’incidence de la toux, la durée et la fréquence de la prescription d’antibiotiques. De nombreuses études ont montré que l’administration orale des lactobacilles offrait une protection contre l’infection par le virus de la grippe en diminuant la réplication virale, en induisant l’expression de gènes antiviraux ou en modulant l’immunité de l’hôte.

Une alimentation basifiante

Des études in vitro et des observations historiques ont montré que les virus respiratoires sont sensibles au pH du milieu. Ainsi, le coronavirus s’est révélé assez stable à pH 6,0 et à 37 ° C, mais il a été inactivé rapidement et de manière irréversible par un bref traitement à pH 8,0 et à 37 ° C.

Or, le régime alimentaire et l’eau de boisson jouent un rôle dans l’ajustement du pH sanguin. Un régime alimentaire alcalin peut induire une alcalose métabolique de bas grade qui ne provoque que de très légères augmentations du pH sanguin tout en restant dans les normes. Dans un environnement légèrement alcalin, les virus sont affaiblis ou ne se multiplient pas efficacement. La fonction immunitaire peut également mieux fonctionner.

En pratique, l’alcalinisation est obtenue en augmentant le nombre de sources alimentaires basifiante, principalement les fruits et légumes et les eaux alcalines, et en réduisant les sources alimentaires acides : viande, poisson, œufs, produits laitiers, céréales, boissons gazeuses, sel de table, etc.

En conclusion, si vous voulez passer à travers rhumes et grippes cet hiver, misez aussi sur une alimentation basifiante, qui viendra nourrir votre microbiote, que vous pourrez renforcer par la prise de probiotiques adéquates. Plantes, minéraux et vitamines vous aideront également à passer un hiver serein. Demandez conseils auprès d’un naturopathe qualifié pour l’individualisation des recommandations !

 

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Sources :
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