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Allergies

Allergies saisonnières, quels risques ?

par Cosy Naturelles

La rhinite allergique est une affection courante et elle gagne du terrain…A l’échelle mondiale, on observe une hausse constante de la prévalence du rhume des foins au cours des dernières décennies, avec une variabilité considérable entre les pays, et à l’intérieur des pays, entre les régions. 

PAR MARINE DODET – NATUROPATHE, FORMATRICE, CONFÉRENCIÈRE 

Les estimations de sa prévalence varient considérablement, mais de bonnes études épidémiologiques suggèrent que 20 à 30% des adultes et jusqu’à 40% des enfants sont touchés. Ainsi, ce n’est pas moins de 23 à 30% de la population qui est touchée en Europe et 12 à 30% aux Etats-Unis. Mais ce sont dans les populations non occidentales de l’hémisphère sud que les variations infrarégionales sont les plus grandes, avec une prévalence de la rhinite allergique allant de 3 à 54%.  

L’augmentation de la prévalence de la RA est liée à l’urbanisation croissante et à l’amélioration du niveau de vie. Ensemble, ces deux facteurs contribuent à accroître l’exposition à divers polluants et allergènes intérieurs et extérieurs, dont les effets potentialisant ne peuvent être ignorés sur les troubles respiratoires. De nombreux autres facteurs augmentent également les risques de développer la RA. 

Les facteurs aggravants 

Les causes supposées de l’accroissement de la prévalence sont multifactorielles : pollution de l’air, ozone, tendance à l’urbanisation, style de vie occidental, tabagisme actif et passif, stress… Voyons ici les deux facteurs principaux. 

Facteur n°1 : la pollution atmosphérique 

Dans les zones urbaines et suburbaines, les installations industrielles et les émissions liées aux transports sont des sources majeures de pollution atmosphérique. Les principaux polluants atmosphériques sont les oxydes de carbone (COx), les oxydes d’azote (NOx), l’ozone (O3), le dioxyde de soufre (SO2) et le mélange complexe de produits chimiques et de particules, dont les particules de dioxyde de diesel en constituent la part la plus importante.

De plus en plus d’études montrent que la pollution de l’air est associée à des maladies respiratoires, en particulier des RA. En effet, la pollution atmosphérique peut augmenter la production d’IgE en stimulant les lymphocytes B mais aussi augmenter les niveaux de certaines cytokines pro-inflammatoires. Les particules polluantes de l’air peuvent donc aggraver les symptômes de la RA déclenchée par le pollen

De plus, la pollution atmosphérique augmente la production de molécules oxydantes favorisant ainsi l’inflammation allergique et la stimulation des cellules Th2. Enfin, la pollution atmosphérique peut renforcer la réponse immunitaire aux allergènes en se liant physiquement à eux.

Facteurs n°2 : les changements globaux et climatiques 

Au cours des 25 dernières années, les dates de floraison se sont avancées de 2 à 3 semaines et les saisons de pollinisation se sont allongées. De plus, on note au cours des dernières années l’apparition de nouveaux allergènes tels que l’ambroisie.

L’allergie au pollen d’ambroisie, plante envahissante originaire d’Amérique, touche ainsi, chaque année, environ 20 % de la population en Rhône-Alpes. Ce n’est donc pas étonnant que cette plante ait donné lieu à de nombreuses études. En particulier, l’effet potentiel du changement climatique sur la gravité et l’étendue de la RA a été étudié de manière plus intensive dans le cas du pollen d’ambroisie. Il a été démontré que l’augmentation de la température et de l’exposition au dioxyde de carbone augmentait la production de pollen de différentes plantes.

Dans le même temps, il a été démontré que l’augmentation du nombre de jours sans gelée et la survenue tardive du premier gel étaient en corrélation avec des saisons plus longues de pollen de l’ambroisie et permettraient à la plante de se propager plus au nord. Cela est particulièrement préoccupant en Europe, où l’ambroisie est établie dans la vallée du Rhône et la Bourgogne en France, dans le nord de l’Italie, en Hongrie et dans les pays voisins.

Ainsi, avec des conditions climatiques favorables, l’ambroisie est sur le point de s’étendre en Pologne, en Allemagne et dans le nord de la France, où elle participera, sans aucun doute, à l’augmentation de la prévalence de la RA. Or, les coûts directs et indirectes associés à la RA représentent un fardeau énorme pour la société.

Les coûts sociétaux de la rhinite allergique

Sur l’économie de la santé 

Outre le coût net des traitements, il existe des coûts indirects considérables, tels qu’une productivité réduite, des journées de travail non travaillées ou des absences scolaires pour cause de maladie… sans compter les dépenses directes et indirectes liées aux complications de la rhinite allergique (voir ci-dessous).

Le coût de la RA a été évalué sur un échantillon représentatif de la population suédoise adulte en 2016. Les coûts annuels directs moyens et indirects liés à la RA étaient de 210 euros et 750 euros par habitant, respectivement. Sur le coût total, 8% étaient dus à l’absentéisme et 70%, au présentéisme (altérations des performances au travail). Le reste était réparti à parts égales entre les coûts des produits pharmaceutiques et des soins de santé.

Dans les pays de l’Union Européenne, les coûts lies à l’absentéisme et au présentéisme causés par la RA chez des individus non traités ou traités de manière inadéquate ont été estimés entre 55 et 151 millions d’euros par an. La rhinite allergique est donc un problème de santé publique important et sérieux, non seulement à cause de sa prévalence élevée et de ses coûts économiques, mais également parce qu’elle a un impact négatif sur la qualité de vie des patients.

Sur la qualité de vie 

Ainsi, les patients rapportent un effet néfaste marqué sur leur sommeil, leur vie sociale, leur assiduité et leur fonctionnement à l’école et au travail, en plus de la fatigue, de changements d’humeur, d’anxiété et de dépression. Clairement, c’est la rhinorrhée et son cortège de mouchoirs qui gênent le plus la vie courante, via notamment sa répercussion numéro un : un sommeil de mauvaise qualité. Il s’ensuit un impact sur la mémoire, les capacités d’attention, une somnolence pendant la journée, de l’irritabilité… 

Bien que la rhinite allergique ne mette pas la vie en danger, son influence négative sur la qualité de vie et sur le moral du patient a fait l’objet d’une attention accrue au cours des dernières années. Plusieurs études ont examiné l’influence des facteurs psychosociaux sur les troubles allergiques et l’effet des troubles allergiques sur la santé mentale, démontrant ainsi qu’il existe une relation bidirectionnelle significative entre les facteurs psychosociaux et les troubles allergiques.

La majorité des études relèvent également une association entre les allergies saisonnières et le syndrome d’anxiété. Une étude a suggéré que les RA pourraient même constituer un facteur de risque de suicide. Plusieurs études ont ainsi montré une association entre le risque de suicide pendant la saison du rhume des foins et l’importance (en variétés de pollen et en nombre d’allergènes) de la saison pollinique. 

A ce déclin de la qualité de vie, le « bête » rhume des foins, qui, vous le comprenez peu à peu, n’est pas si « bête » que ça, peut se compliquer en d’autres pathologies tout aussi invalidantes. 

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