De manière préventive ou curative, voyons donc sommairement ce que dans ce contexte, le naturopathe pourra vous conseiller :

Il s’agira quoiqu’il en soit de s’appuyer sur votre personnalité afin de mettre en place un programme d’hygiène vitale adéquat à la situation et à vos capacités de mise en œuvre progressive au changement. Mais gardez à l’esprit que c’est avant tout la responsabilité de l’individu qui doit symboliser le socle de l’engagement.

Ce suivi et ces conseils ne dispensent alors nullement d’une approche plus classique et allopathique au besoin. Tout cela ne vous dispense donc pas de mener un travail de fond personnel à la rencontre de « vous m’aime », sur l’origine de vos troubles, de vos blessures, de vos failles…par une approche plus psychanalytique.

Gestion du stress

Veiller à avoir un sommeil suffisant et de qualité tant il joue sur l’équilibre biologique et neuroendocrinien. Une activité physique ou sportive adaptée sera le fer de lance de votre bien être. Nombre d’addictions se trouvent compensées par une activité sportive qui n’exige toutefois pas une intensité immodérée, travers compensatoire d’une nouvelle addiction en mire. Un art créatif ou autre loisir, sera aussi contributeur de votre équilibre.

Alimentation

Elle sera bien évidemment primordiale dans l’équilibre biologique et psychique alors. En dehors d’une approche assez primitive qui veillera notamment à une stabilité de l’insuline (implicitement de l’adrénaline et du glucagon), cette attention primordiale à l’équilibre émotionnel sera doublée d’une attention particulière portée au microbiote intestinal. Indiscutable « deuxième cerveau », sa communication avec le cerveau primaire n’est plus à démontrer (via le nerf vague ou plus récemment via un réseau neuronal très sensible .).

A l’image de ces deux orientations envisageables, nous tendrons bien évidemment vers une réduction des sucres notamment (et à fortiori si vous êtes dépendant au sucre !) tandis qu’une supplémentation justement attribuée pourra, selon la cause, soutenir cet effet où le chrome, le zinc, les vitamines B (B1, B5, B8 en particuliers), l’acide alpha lipoïque ou la berberine en phytothérapie, compteront parmi les candidats potentiels.

Dans le cadre d’un accompagnement global, cette dernière s’avèrera à propos très utile pour traiter la dysbiose éventuelle, en particulier du grêle (SIBO). Cette dernière prédisposant en sus à une intolérance secondaire à l’histamine dont nous avons souligné en amont la corrélation étroite avec le trouble addictif.

Phytothérapie

Plus qu’une aide à l’assainissement du corps via le travail des émonctoires par exemple, le naturopathe pourra évoquer lors d’un accompagnement spécifique à la dépendance ou l’addiction des remèdes soutenant en ce point le travail du patient. Si les traditionnelles valériane, mélisse, houblon ou passiflore auront leur place évidente dans le cadre d’un sevrage notamment, la rhodiola associée au griffonia en EPS par exemple, seront, à l’instar du kudzu (Pueraria lobata) d’une aide capitale.

En gemmothérapie, le Dr Pol Henry nous conseillerait volontiers 15 gouttes d’un mélange tel que pommier, tilleul, figuier. Et si votre praticien y est formé, il pourra vous conseiller de travailler sur un plan plus émotionnel par un unitaire à raison de 5 gouttes le soir au coucher. Enfin, et envisageant la phytothérapie au sens large, si l’aromathérapie bien conseillée pourra s’interposer (cèdre de l’Atlas, bigaradier petit grain, marjolaine à coquille), c’est de l’HE de poivre noir qu’il faut souligner la spécificité.

Stimulante, cette huile essentielle a néanmoins et objectivement fait preuve en soit d’une efficacité particulière dans les addictions. On doit son effet relaxant aux sesquiterpènes et monoterpènes la composant.

Nutrithérapie

La nutrithérapie est une spécialité visant par une supplémentation nutritionnelle adaptée à corriger vos déséquilibres, qu’ils soient cérébraux, psychiques, physiologiques, pourvu qu’ils trouvent une origine biologique et en ce point, une carence particulièrement. Si Hoffer&Osmond en 1963 démontrèrent l’intérêt majeur de hautes doses de vitamine C et de niacine pour traiter la schizophrenie, les travaux outre Atlantique du chimiste Morley Robbins illustrent récemment combien la marge de manoeuvre curative est grande via la correction nutritionnelle.

A cet effet, une carence en sérotonine dont on pourra toujours rechercher la cause, pourra être à l’origine de compulsions sucrées et à ce titre comblée par ses précurseurs, qu’ils soient tryptophane ou sa forme précursive en phytothérapie (Griffonia simplicifolia), pris selon la chrononutrition. La dopamine le sera avec la tyrosine ou la levo-dopa bien connue des Parkinsoniens hélas et que l’on retrouve en phytothérapie dans le pois mascate (Mucuna pruriens) ou la fève des marais (Vicia faba) qui en est à l’origine.

Le GABA enfin pourra être conseillé mais on privilégiera sa synthèse par une alimentation choisie et ses précurseurs car c’est un neurotransmetteur ne passant pas la barrière hémato-encéphalique. Sa forme liposomale en sublinguale sera à défaut privilégiée. Associé à l’acide aminé L-théanine il fera une combinaison optimale. En ce point, il sera des plus judicieux de partir d’un bilan en neurotransmetteurs auprès d’un laboratoire de biologie fonctionnelle.

Enfin et parmi d’autres éléments essentiels, le magnésium impliqué dans plus de « 300 réactions enzymatiques » sera un pilier fondamental à redresser si tant est que nous en manquons tous plus ou moins et qu’il est primordial à l’équilibre émotionnel. Là en ce point encore nous ne sommes pas tous égaux et certains « consomment » davantage de magnésium que d’autres ou ne le retiennent pas au sein de la cellule (HLA B35 par exemple). La taurine, acide aminé non pas excitant mais myorelaxant sera l’un des cofacteurs essentiel alors.

Enfin, parmi les alternatives douces, si nous pouvons conseiller sans retenue la cohérence cardiaque ou la méditation (j’affectionne particulièrement la méditation bouddhiste qui par ses mantras recentre les esprits les plus agités et anxieux, « dans le mental » !), se délivrer de comportements addictifs nécessitera peut être un accompagnement parallèle en hypnothérapie (ericksonienne, intégrative ou encore humaniste, c’est de l’initiative du patient dont dépendra la réceptivité et la certaine assiduité requise).

Dans une approche tant individualiste qu’active, le neurofeedback dynamique ayant fait ses preuves dans des cas d’addictions depuis son initiation, pourra être une clé précieuse de retour à l’équilibre neuropsychique et par-delà émotionnel. Après un EEG quantitatif, les séances de travail viseront à rééquilibrer les différentes zones de brodmann qui composent notre cerveau, les fréquences qui les animent (inutile de préciser que le profil anxieux et compulsif surfent plutôt sur les ondes bêta hautes que têta propices à la relaxation !) ou encore l’activité de l’amygdale, en étroite relation avec nos émotions et le circuit de la récompense.

A l’image des travaux de Georges Quertant et de la méthode qui porte encore son nom aujourd’hui, ce sont là deux thérapies neuropédagogiques concrètes puisque basées sur des bilans initiaux et un objectif à atteindre, qui soutiendra assurément l’implication active du patient dans son avancée.

Texte : Anthony Ravache – Naturopathe
Photo : Alleksana