Qui n’a jamais souffert de maux de tête dans sa vie ? Selon les statistiques, seulement une minorité très réduite ne serait pas concernée par ce « court-circuit » physiologique qui envoie des signes de saturation…

Les médecines naturelles comme la Naturopathie considèrent l’encrassement général comme l’une des causes principales de ces maux de tête. Bien que les déclencheurs puissent être variés, la tension psycho-émotionnelle reste leur principal détonateur. A ne pas négliger parmi les autres déclencheurs de ces malaises : les intolérances alimentaires (notamment les aliments à gluten et les produits laitiers excessivement transformés par l’industrie agroalimentaire), ainsi que les associations néfastes d’aliments incompatibles sur le plan digestif.

Aussi, une tension nerveuse chronique peut dégénérer en troubles digestifs à l’origine des maux de tête. Tout est relié…

Ayant souffert moi même de ce genre de maux de tension frôlant la migraine, j’ai réussi depuis quelques années à estomper, de plus en plus, ce cauchemar qui mine la vie familiale, sociale et professionnelle. Pour y arriver, les thérapies naturelles de terrain et de soutien des organes (foie, intestins, reins, poumons, peau), comme celles proposées par la Naturopathie, passent aussi par une révision obligée de notre façon de nous alimenter, très souvent non adaptée à notre constitution et notre individualité.

La réflexologie plantaire représente aussi l’un des outils de soutien les plus efficaces pour traiter la cause et les symptômes au niveau du corps physique, en complément avec l’alimentation et la micro-nutrition, la phyto et aromathérapie.

Et le Yoga fut !

C’est vraiment la pratique des différents techniques de la science du Yoga qui permet d’entretenir une guérison durable, grâce à une pratique régulière qui va tisser une salutaire hygiène de vie et améliore nos capacités d’adaptation-dépassement des différentes tensions, ce qui contribue à cultiver un véritable équilibre en soi.

Les Védas (textes sacrés de la science du Yoga), soutiennent que les manifestations physiques des déséquilibres de santé ou de la maladie sont des messages envoyés par notre corps vibratoire électromagnétique, c’est à dire l’âme, pour nous faire entendre le besoin de changer les schémas mentaux et émotionnels toxiques qui ont conditionné nos comportements, nos habitudes de vie.

Les médecines holistiques et la yogathérapie soutiennent, donc, que la cause profonde des différentes formes des manifestations somatiques n’est que le reflet d’un déséquilibre de soi, qui vient du fait de nous avoir coupé de notre être véritable, lui aussi auto-intoxiqué par une autre forme de pollution, celle des émotions et comportements toxiques qui faussent notre véritable nature.

La communauté scientifique indépendante ne met plus en doute ce lien psycho-somatique entre le corps et l’esprit, l’influence de nos états émotionnels toxiques.

Yogathérapie

La Yogathérapie propose ainsi des outils efficaces, issus de la science du Yoga: techniques posturales, respiratoires et psycho-énergétiques, la dharana (concentration vers la méditation).

Un protocole des différentes techniques ciblées et individualisées selon la problématique globale est proposé, mettant l’accent dans le dépassement des causes profondes, ce qui permet de catalyser les processus de transformation du corps physique et psycho-émotionnel vers une guérison durable. Il est possible de bénéficier des bienfaits holistiques (dans la globalité corps-esprit) du Hatha Yoga dans un cours collectif ordinaire bien guidé. Le travail postural doit être réalisé en pleine conscience et coordonné à une respiration ample, complète et posée, surtout pas dans une dérive commerciale du Yoga version fitness.

Les bienfaits de la pratique posturale et respiratoire en pleine conscience sur tous les systèmes se répercutent sur tous les systèmes physiologiques du corps, grâce aussi à l’action sur le diaphragme. Leur activité redynamisée, notamment fonctionnelle est la circulation de tous les liquides organiques (sang artériel, circulations de retour veineux et lymphatique, liquides extra et intracellulaires, le liquide céphalo-rachidien), dont leur ralentissement et encrassement sont directement impliqués dans la genèse des céphalées et des migraines. Il y a aussi une action de réalignement des structures du système locomoteur.

Par le travail conscient avec la respiration on induit un apaisement du système neuro-endocrinien, car il bascule vers le mode parasympathique, ce qui permet d’apaiser profondément l’état de sursollicitation mentale et la tension émotionnelle (angoisse, colère, humeur instable…) principaux déclencheurs, donc, de la douleur. Sachez que plus on allonge l’expiration, plus elle a un effet analgésique.

Néanmoins, il y a certaines postures conseillées exercices corporels dynamiques, techniques respiratoires ou autres qui seront plus spécifiques pour soutenir une action préventive, autant sur les causes des maux de tête que sur les symptômes, voire une action de soin sur l’immédiat, ce qui a été avéré par ma propre expérience et celle de certains élèves.

Par exemple, parmi ces techniques plus spécifiques on peut citer:

  • Griva/ chakra Sakti vikasana

    Les mouvements de tête et cervicales sur différents axes ou en rotation vont favoriser l’irrigation sanguine de l’encéphale, des nerfs crâniens et des glandes endocrines liées, donc, aux processus physiologiques du stress. Ils favorisent le déblocage de tensions musculaires au niveau de la nuque-trapèzes. Calment aussi le mental.

  • Ardha chakrasana (demi pont)

    Asana plus accessible, notamment pour les débutants et seniors, mais avec des bienfaits similaires à la charrue et la chandelle.

  • Bidhalasana (le chat)

    Mouvement dynamique en ondulation du dos. Il permet d’assouplir et débloquer la colonne vertébrale, ainsi que relancer l’irrigation sanguine, la circulation du liquide céphalo- rachidienne et le flux nerveux du coxis jusqu’au crâne.

  • Halasana (la charrue) et Sarvangasana (la chandelle)

    Bien que ce soit des postures très avancées, ont des effets plus puissants que ceux décrits pour les mouvements de tête- cervicales.

  • Les dhristis ou mouvements et fixations oculaires, dont la thérapie EMDR a été inspirée.

    Ils ont un effet d’irrigation sanguine sur le nerf oculaire, lequel est directement relié au cerveau limbique, gestionnaire de nos mémoires et comportements émotionnels.

  • Nadhi sodhana, ( respiration alternée)

    Apaise et reharmonise le système nerveux neurovégetatif et nettoie les canaux énergétiques (nadis), ce qui calme profondément le mental. Un effet analgésique est induit lorsque le temps de l’expiration est supérieur à celui de l’expiration.

Le choix d’un yogathérapeute

Toutes les variantes des torsions vont favoriser le fonctionnement des organes et les fonctions digestives, dont leur dysfonctionnement est aussi en cause des maux de tête. Toutes les techniques psycho-mentales (dharana) de canalisation et apaisement du mental pour préparer à des états profonds de conscience (méditation), non seulement ont des actions physiologiques puissantes de revitalisation mais aussi une action analgésique. Elles induisent toute une réinitialisation de nos schémas psycho- émotionnels.

En revanche, une consultation en Yogathérapie permet de faire un accompagnement personnalisé et d’établir un protocole pratique individualisé. Celui-ci est adapté non seulement à la mise en application d’une hygiène de vie avec des effets préventifs sur l’état de santé, aussi il veille au dépassement des causes profondes en lien aux schémas psycho émotionnels.

Quoi qu’il en soit, il est fortement conseillé de pratiquer les techniques de la science du Yoga sous la supervision bienveillante d’un instructeur de Hatha Yoga et Radja Yoga ou par l’accompagnement d’un yogathérapeute.

Texte : Alma Maria Urango – Praticienne en réflexologie plantaire & techniques manuelles d’harmonisation / Instructeur de Hatha Yoga / Yogathérapeute
Photo : Cedric Lim