Ils sont partout, ils nous entourent et sont quasi omniprésents dans notre quotidien… de l’assiette à la douche en passant par les lingettes et les couches : les fameux perturbateurs endocriniens. Voyons plus précisément de quoi il s’agit et comment s’en protéger au mieux !

Les perturbateurs endocriniens sont des substances qui dérangent le fonctionnement et la production des hormones, par nos glandes endocrines. Ils bouleversent en effet le cycle de vie hormonal de plusieurs façons : en bloquant ou suractivant la production de ces hormones, en imitant celles-ci ou en gênant leur action.

Pour mieux comprendre ce qui se joue, il faut se pencher sur le(s) rôle(s) du système endocrinien. Les glandes endocrines ont souvent plusieurs fonctions dans le système hormonal et interagissent entre elles. Voici les organes concernés et leurs missions principales :

  • la glande thyroïde, qui gère le rythme de fonctionnement de l’organisme.
  • les ovaires et les testicules qui sécrètent les hormones nécessaires à la reproduction.
  • les surrénales qui sécrètent des hormones ayant pour rôle de fournir de l’énergie au corps.
  • le pancréas qui gère le taux de sucre dans le sang.
  • l’hypothalamus et l’hypophyse qui contrôlent, mais aussi produisent l’hormone de croissance ainsi que les hormones nécessaires à l’accouchement et à l’allaitement.
  • la glande pinéale qui contrôle le rythme biologique
  • le thymus qui a un rôle important dans le système immunitaire en agissant sur le développement des lymphocytes T, chargés de détruire les cellules qui agressent l’organisme.

Les conséquences pour notre santé

Le danger en s’exposant à ces éléments indésirables, est qu’il y a un risque de provoquer un dysfonctionnement d’une ou plusieurs glandes endocrines. Et les maladies induites par un système endocrinien altéré sont nombreuses. Parmi elles : diabète, maladie d’Hashimoto, hypo ou hyperthyroïdie, infertilité, fausses couches, troubles de la croissance, allergies, fatigue chronique, obésité et même certains cancers !

Au vu du développement de ces maladies (nous avons tous autour de nous des personnes concernées), il convient de prendre un peu de distance avec ces molécules ! D’autant que les effets de certains perturbateurs endocriniens sont transgenérationnels, c’est-à-dire qu’ils peuvent impacter les enfants, voire les petits enfants, de la personne en contact avec le perturbateur endocrinien.

Comment les débusquer et les éviter ?

Il suffit de changer quelques habitudes pour limiter notre exposition :

Dans la cuisine

De façon générale, il est préférable de consommer en majorité des produits BIO car les pesticides en plus d’être toxiques contiennent des perturbateurs endocriniens ! Pour la cuisson des aliments, choisissez des poêles en Inox ou avec un revêtement céramique et évitez le Téflon. Pour la conservation, il convient également de privilégier les récipients en verre plutôt que ceux en plastique, surtout si vous réchauffez l’aliment au micro-ondes. En effet, les perturbateurs endocriniens contenus dans les plastiques migrent dans les aliments lorsqu’ils sont chauffés.

Veillez à choisir des plastiques PET ou estampillés « sans bisphénol A » et « sans phtalates », et ne les utilisez que pour des aliments frais, par précaution. Les conserves en métal et canettes sont également à éviter.

Dans la salle de bain

Là aussi, il convient d’adopter des produits naturels au niveau de l’hygiène corporelle, pour vos shampoings, gels douche, dentifrices et cosmétiques.

Scrutez les étiquettes !

Évitez les parabènes (mots terminant par « paraben » ou les paraoxybenzoate), les phenoxyéthanol, les PEG (suivis d’un chiffre), ethylphénol, octylphénol,anylphénol, p-phenylendiamine, les CI (suivi de 5 chiffres), cocamide dea, lauramide dea, triclosan, petrolatum,oxyde de titane, E171, methanone, phenylmethanone,benzophenone, oxybenzone, dimethicone, BHA, BHT… Arrêtons là cette bien longue liste de noms barbares ! Notez, qu’hélas, elle n’est pas exhaustive… Alors, pour simplifier votre choix dans la mesure du possible, optez pour des produits aux ingrédients naturels.

Mais attention tout de même aux fausses promesses ! Même lorsqu’un produit porte une mention « bio » vérifiez bien qu’il ne s’agit pas juste d’un argument publicitaire pour évoquer la présence d’un seul élément bio parmi une multitude d’éléments qui le sont pas (« enrichi en amande douce Bio », « à l’extrait d’Aloe Vera Bio »…). Pour cela, assurez-vous qu’il porte un ecolabel.

Pour les marques qui mettent en avant « ingrédients naturels » intéressez-vous à leur pourcentage réel dans le produit ! Et pourquoi ne pas opter pour un savon artisanal Bio, le format est économique, c’est bon pour vous et pour l’environnement ! Dans tous les cas, bannissez les déodorants contenant des sels d’aluminium, très fortement suspectés de favoriser l’apparition des cancers du sein.

Dans toute la maison

Pour l’hygiène de votre habitation, de nombreux produits chimiques artificiels et toxiques, peuvent être aisément remplacés par des produits naturels. Bicarbonate de soude, vinaigre de vin blanc, citron, savon de Marseille, savon noir, autant de produits naturels et inoffensifs avec lesquels vous pouvez composer ! Si vous n’avez pas le temps, ou l’envie, de vous lancer dans les produits ménagers maison, il y a plusieurs marques respectueuses de l’environnement et des consommateurs qui proposent des produits sains et efficaces !

Si vous souhaitez tout de même recourir à certains produits chimiques, ou que dans le cadre de votre travail vous n’ayez pas le choix, inutile de paniquer mais, protégez-vous : Lorsque vous les utilisez, pensez à porter des gants et dans l’idéal, une petite protection au niveau de vos voies respiratoires pour éviter d’inhaler des substances nocives.

Difficile mais pas impossible

En résumé, il est devenu assez compliqué de se prémunir de ces substances, mais nous pouvons largement réduire notre contact en adoptant des habitudes plus saines. Il ne s’agit pas de tout changer d’un coup d’un seul, mais chaque choix vers le naturel et le Bio est un pas de plus qui nous éloigne des effets délétères de ces perturbateurs endocriniens. En attendant que des lois voient le jour pour nous préserver de ces substances, nous devons être vigilants !

 

Texte : Mélissa Antonelli – Naturopathe

Photo : ANTOINE2K