Parentalité positive, éducation bienveillante ou consciente, autant d’expressions qui recouvrent peu ou prou la même notion : accompagner son enfant dans le respect de sa personne, de ses besoins fondamentaux et de ses émotions.

Alors oui, c’est beau à dire comme ça, mais ne s’agit-il tout simplement pas d’une nouvelle mode pour justifier nos enfants rois ?

Ou tout simplement d’une autre « technique » pour arriver au même objectif : l’obéissance de l’enfant ?

Quelques éléments de réponse…

La parentalité positive, pourquoi ?

Parce qu’il n’y a pas de « bonne » fessée !

Aujourd’hui, l’avancée des connaissances tant en neurosciences qu’en psychologie de l’enfant apporte un éclairage différent sur la compréhension du développement de l’enfant et de ses besoins… et donc, indirectement, questionne largement sur les pratiques éducationnelles traditionnelles.

Et puis, tout simplement parce que la convention internationale des droits de l’enfant a été signée en 1989 : l’enfant est bien « officiellement » une personne à part entière dès sa naissance, y compris juridiquement.

Au-delà de la violence physique ordinaire (gifles, fessées… voir le site de l’OVEO pour tous les curieux et intéressés), la parentalité positive s’attache également à évacuer tous les principes éducatifs utilisant des moyens destinés à faire obéir l’enfant : punitions, chantages, récompenses…

Car il ne s’agit pas tant d’éducation à l’obéissance que de la création du lien menant à la coopération.

Bien sûr, sur le papier, c’est beau tout ça, mais en pratique, on fait comment ?

Les grands principes de la parentalité positive

Il n’existe pas un ouvrage de référence édictant ces grands principes, mais une multitude d’approches ou de « méthodes » qui convergent généralement vers les mêmes attentions : répondre aux besoins de l’enfant, accueillir ses émotions, bannir les punitions et les récompenses (qui dans les deux cas confèrent à la manipulation), favoriser l’autonomie et la coopération, expliquer les raisons des décisions…

Rédiger un manuel d’éducation positive n’est pas l’objet de cet article.

Il existe de nombreux ouvrages de référence et de qualité auxquels vous pouvez vous référer (voir ci-dessous).

Mais je souhaite attirer l’attention sur un point qui me semble fondamental : il ne s’agit pas de concevoir l’éducation comme une méthode à appliquer, qu’elle soit « différente » ou « traditionnelle », mais bien de prendre en compte le respect des droits fondamentaux de l’enfant.

En effet, avez-vous besoin de « 10 techniques pour ne plus crier après votre femme/mari ? »

Car « toute personne, quel que soit son âge, a droit au respect de son intégrité physique et psychologique. […] Il ne s’agit pas simplement d’une mode ou d’une méthode, mais d’un profond changement de regard, non seulement vis-à-vis des enfants, mais également du positionnement des adultes » (Olivier Maurel).

Et ce changement de regard s’accompagne aussi très souvent d’un profond travail de l’adulte sur lui-même s’il souhaite sortir de ces schémas de pensée, mais aussi des ses schémas de réaction face aux actions de son enfant.

Vers des enfants rois ?

Éducation positive ou bienveillante ne signifie aucunement laisser l’enfant faire tout ce qu’il veut.

Bienveillance ne veut pas dire laxisme.

Cessons de concevoir le monde sur un mode binaire : autoritarisme vs. laxisme. Des alternatives sont possibles. « Laisser être » n’est pas « laisser faire ».

« Considérer l’enfant en tant que personne à part entière, dès sa naissance, et lui laisser la liberté d’être lui-même, respecter ce qu’il ressent et ce qu’il pense n’a rien à voir avec le fait de le laisser faire n’importe quoi ou de lui offrir tout ce qu’il demande » (Olivier Maurel).

L’enfant ne recherche par le rapport de force, vécu souvent ainsi par l’adulte.

Il vit l’émotion dans le présent et la vit « pour lui », et n’exprime pas un caprice « contre l’autre ».

C’est donc bien un changement de regard sur les relations adultes/enfants qu’il convient d’opérer, si l’on souhaite sortir du rapport de soumission et d’obéissance.

Et n’est-ce pas devenu une urgence aujourd’hui, dans un monde où l’obéissance a fait et fait des ravages (lire à ce sujet Alice Miller…) ?

Pour aller plus loin

 

  • Élever son enfant autrement, ressources pour une parentalité positive. Catherine Dumonteil-Kremer. 2016.
  • Poser des limites à son enfant… et le respecter. Catherine Dumonteil-Kremer. 2017.
  • Pour une enfance heureuse. Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau. Dr Catherine Gueguen. 2014.
  • Au cœur des émotions de l’enfant. Isabelle Filliozat. 2013.
  • Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent. Faber & Mazlich. 2012.
  • Parents efficaces. Les règles d’or de la communication entre parents et enfants. Dr T. Gordon. 2013.
  • http://0liviermaurel.free.fr/
  • http://www.alice-miller.com/accueil/
  • https://www.oveo.org/

Par Marine Dodet – Naturopathe, formatrice, conférencière

Photo : Andreas Wohlfahrt