Voilà bien une terminologie déprimante, non ? Elle semble signifier que la civilisation rend malade ! Comment comprendre une telle idée, la civilisation étant censée apporter aux individus qui la créent et la constituent, du progrès, du mieux-être voire de l’humanité ?

par Michel Odoul,
Praticien shiatsu, auteur, conférencier, enseignant,
fondateur et 
dirigeant de l’institut français de shiatsu

C’est une vaste question à laquelle on ne peut répondre en quelques lignes. Il peut cependant être intéressant de simplement réfléchir un peu à la question et de porter un regard sur certaines pathologies dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles « explosent » littéralement en termes de statistiques.

Elles sont nombreuses et touchent toutes les sociétés non traditionnelles avec force. Ce sont les pathologies du système immunitaire, les neuropathologies, les accidents vasculaires, le cancer. Les structures sanitaires ont du mal à identifier les causes profondes de cette croissance galopante. Cela est dû, je crois, à la fois au fait que les causes peuvent être multifactorielles, mais aussi et surtout au fait que ce que l’on étudie, c’est la maladie et non le malade. Or, pour moi, la clé se situe plutôt à ce-dernier niveau.

« Pour certaines pathologies, le moins que l’on puisse dire est qu’elles « explosent » littéralement en termes de statistiques. Les structures sanitaires ont du mal à identifier les causes profondes de cette croissance galopante. »

Pourquoi l’organisme « perd-il ses repères » ?

Nous pouvons illustrer ce propos avec les allergies et les pathologies auto-immunes. Ce qui caractérise ces maladies, est le dysfonctionnement du système immunitaire qui se met à « sur-réagir » face à des agresseurs normalement « bénins » voire qui n’en sont pas, comme par exemple les pollens, les acariens, les poils de chat, etc.

Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné, l’organisme se met ainsi à « perdre ses repères », considérant comme « ennemis » des éléments anodins sans doute déjà rencontrés de multiples fois et depuis de longues années ? Qu’est-ce qui fait qu’un corps se met à considérer certaines de ses propres cellules en tant qu’ « ennemies », comme c’est le cas dans les pathologies auto-immunes ?

Des repères brouillés

Il faut pour cela considérer deux éléments essentiels, à savoir ce qu’est le système immunitaire et en quoi nos vécus sociétaux interagissent avec lui.

On peut définir simplement le système immunitaire en disant que c’est la capacité à faire la différence entre le soi et le non-soi. Pour pouvoir fonctionner, ce système de défense a besoin de repères qui lui permettent d’identifier « quoi » défendre, qu’est-ce qui « est moi » et qu’est-ce qui ne l’est pas et dont je dois me préserver. À partir du moment où ces repères existent et sont clairement identifiés, notre système va fonctionner correctement et ne réagir que face à de réels agresseurs et ce, avec une intensité proportionnelle à celle du risque réel.

 

Confusions des genres !

Malheureusement, les modes de vie des sociétés contemporaines, mettent les individus dans des contextes très perturbants pour ce système. Les pressions permanentes, la compétition exacerbée, le stress quotidien, l’hystérie émotionnelle (la sur-réaction systématique face à des évènements tous placés au même niveau), l’impermanence et l’insécurité générale (travail, avenir, accidents, terrorisme, etc.), la perte du sens du territoire (open spaces, impudeurs sociétales et voyeuristes, etc.) excitent, sollicitent et dégradent les capacités de défense des individus.

Le monde extérieur et les « autres » deviennent « des risques » incessants contre lesquels il faut au mieux se protéger, au pire entrer en guerre.

Tout devient objet de lutte, d’ostracisation. L’automobiliste contre le cycliste et vice versa, le piéton contre l’automobiliste et le cycliste, les religieux contre l’autre religieux ou l’athée, et vice versa également, et ainsi de suite. L’identité se confond avec l’appartenance territoriale ou la communauté des habitudes de pensées. Elle devient la similitude. On ne recherche plus l’harmonie, symbole de partage.

On recherche le « point commun ». Cette terrible confusion conduit à la symbiose sociétale qui fagocite l’être « individuel » pour le transformer en être « grégaire ». Il perd ainsi le sens d’être lui et les repères qui constituaient cette identité pour endosser celle du rôle qu’il joue et que l’image artificielle en découlant, lui impose. Tout le reste, et les « autres différents » ne sont que risque face auquel il faut réagir.

Lorsque l’on mettait des uniformes dans les armées, c’était pour que les soldats du même camp se reconnaissent. Ceux que nous portons aujourd’hui sont là pour que l’on se ressemble, pour que l’on se soumette à une image commune. Ce nivellement détruit les repères de soi et bouleverse les codes immunitaires, conduisant à l’expression pathologique.

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