On entend de plus en plus parler de stress oxydant, sans pour autant comprendre de quoi il s’agit vraiment. Explications…

par Marie Dodet,
Naturopathe, formatrice, conférencière

Les organismes aérobies, dont nous faisons partie, utilisent de l’oxygène pour vivre. Cet oxygène nous est même indispensable puisqu’il permet la fabrication d’énergie au sein de toutes nos cellules, dans des petites usines énergétiques que nous appelons mitochondries.

Or, ce processus mène inévitablement à la formation d’un certain nombre de molécules réactives contenant de l’oxygène : les ROS (pour Reactive Oxygen Species en anglais, dérivés réactifs de l’oxygène en français). Parmi ces ROS, on trouve les fameux radicaux libres, molécules appelées ainsi car elles présentent un ou plusieurs électrons non appariés ou célibataires qui leur confèrent une grande instabilité. Autrement dit, ces ROS ont la possibilité de réagir avec de nombreux composés cellulaires.

« Cet oxygène nous est même indispensable puisqu’il permet la fabrication d’énergie au sein de toutes nos cellules. »

Le stress oxydant : qu’est-ce que c’est ?

Ce terme, initialement défini en 1985, fait référence à un état dans lequel le niveau des ROS surpasse largement les capacités des défenses antioxydantes de l’organisme, menant à des dommages potentiels des systèmes biologiques, ou, en langage imagé, à une rouille généralisée de l’organisme.

Car quasiment toutes nos molécules peuvent être impactées : les protéines comme les lipides, et même nos acides nucléiques (autrement dit notre ADN). Même un stress oxydant relativement modéré peut altérer le comportement normal de nos cellules (accélération de leur sénescence, prolifération anormale, réponses inflammatoires dérégulées…).

Cependant, des études récentes ont montré que dans certaines circonstances, la production raisonnée de ROS joue un rôle important de signal pour la cellule menant à des réponses physiologiques adaptées. On parle alors de « signalement rédox ».

De plus, nombre de ces ROS ont un rôle bien avéré dans l’organisme, à commencer par leur participation dans la lutte contre les pathogènes par le système  immunitaire. C’est donc bien leur excès qui pose problème. Néanmoins, lorsque le stress oxydant (ou stress oxydatif) se prolonge, les dommages sont inévitables et la mort cellulaire survient toujours, in fine.

Le stress oxydant résulte soit d’une formation excessive de ROS, soit d’une moindre activité des antioxydants, soit des deux. Les ROS sont principalement produits par les mitochondries pendant le métabolisme cellulaire normal.

Ainsi, des niveaux élevés de ROS produits par des mitochondries dysfonctionnelles constituent la principale cause du vieillissement. Ils peuvent galement provenir de sources externes, comme les radiations (y compris solaires) ou les polluants environnementaux (de l’air, des sols ou dans nos assiettes…).

Or, quand les ROS surpassent les capacités normales de défenses cellulaires, le stress oxydant qui en résulte mène à des processus pathophysiologiques.

L’oxydation du corps, et en particulier des protéines qui le constituent, est aujourd’hui clairement impliqué dans nombre de pathologies en forte croissance dont le cancer, la cataracte et la DMLA, les inflammations (arthrite rhumatoïde, maladie de l’intestin irritable…), les maladies métaboliques (diabète et obésité), les pathologies circulatoires (HTA) ou encore les pathologies neurodégénératives comme les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

Comment lutter ?

Au cours de l’évolution, les cellules se sont équipées d’un réseau de défense antioxydant qui peut prévenir l’oxydation ou réparer les cellules. Ce réseau comprend des molécules endogènes et exogènes. Les deux systèmes agissent main dans la main et se relaient l’un l’autre pour être efficaces.

Les antioxydants de l’intérieur

Les défenses endogènes consistent en enzymes antioxydantes, telles que les thiol-peroxydases, les superoxide-dismutases, les catalases ou des antioxydants non enzymatiques comme le glutathion.

L’acide urique, l’albumine, le glucose, la ferritine, la mélatonine ou la coenzyme Q10 sont également des antioxydants.

Les antioxydants de l’extérieur

Le système antioxydant exogène comprend des micronutriments, tels que des vitamines (A, C, E…), l’acide a-lipoïque, les flavonoïdes, polyphénols et autres anthocyanes et des oligo-éléments comme le zinc ou le sélénium (impliqués dans le fonctionnement enzymatique).

C’est donc l’alimentation, à dominante végétale, et la plus colorée possible (légumes et fruits en priorité et en majorité !), qui doit normalement subvenir aux besoins de l’organisme.

De plus en plus d’études mettent en garde contre l’utilisation systématique et à haute dose de compléments d’antioxydants, dans la mesure où la lutte contre un excès de ROS ne doit cependant pas compromettre leurs effets bénéfiques à dose physiologique.

C’est donc faire preuve de bon sens que de favoriser d’abord un apport alimentaire de qualité et de raisonner, avec l’aide d’un thérapeute averti, l’intérêt ou non de se complémenter en antioxydants, selon ses propres problématiques et son environnement de vie.

COMMENT LUTTEZ-VOUS CONTRE LE STRESS ?

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