En France, on estime que 2 à 3% de la population est atteinte de fibromyalgie, dont plus de 80% de femmes, essentiellement dans la tranche d’âge de 36 à 60 ans.

Par Isabelle Cadoux – Sophrologue

La fibromyalgie est un trouble de la modulation de la douleur, une réponse exagérée à des stimulations douloureuses ; la survenue d’une douleur déclenchée par un stimulus habituellement indolore, un simple frottement, par exemple. Il s’agit d’un syndrome complexe, qui laisse souvent les médecins perplexes et plonge les patients dans le désarroi.

En effet, vivre avec la fibromyalgie n’est pas seulement « vivre avec la douleur », car cette douleur s’accompagne de troubles associés nombreux et variables, qui ont des conséquences sur la qualité de vie et l’autonomie du fibromyalgique.

Dans un sondage de 2014 auprès d’un échantillon représentatif de personnes atteintes de fibromyalgie, plus d’un tiers des sondés ont déclaré être en arrêt-maladie, en invalidité ou en mi-temps thérapeutique. 82% des personnes interrogées craignaient de perdre leur emploi dans les 2 à 5 ans en raison de leurs soucis de santé. Par ailleurs, environ 2/3 des personnes ayant répondu à cette enquête ont estimé avoir une qualité de vie familiale moyenne ou difficile, à cause de la nécessité pour le malade fibromyalgique de s’isoler du fait de sa fatigue ou de son hyper-sensibilité au bruit, entre autres.

La vie des personnes fibromyalgiques est ainsi très impactée par les symptômes de « cette maladie qui ne se voit pas » et les troubles associés qui l’accompagnent.

Symptômes les plus fréquents, quels sont-ils ?

  • Des douleurs musculaires (100%)
  • La fatigue (96%)
  • Des troubles du sommeil (86%)
  • Des douleurs articulaires (72%)
  • Des céphalées (60%)
  • Le phénomène des jambes sans repos (56%)
  • Des troubles de la mémoire (46%),…
  • La fatigue chronique et la mauvaise qualité du sommeil engendrent chez certaines personnes fibromyalgiques un état dépressif (environ 30%).

Les origines de la fibromyalgie sont difficiles à établir

Les personnes interrogées évoquent comme élément déclencheur de leur maladie :

  • Un épisode viral ou pseudo-grippal
  • Un traumatisme physique (intervention chirurgicale ou accident signalé à l’origine de 20% des fibromyalgies)
  • Un stress psychologique (licenciement, harcèlement au travail)
  • Un événement affectif (divorce, rupture, décès)
  • Au total, les stress moraux, les épuisements professionnels ou familiaux constituent plus de la moitié des éléments déclencheurs de la fibromyalgie. Aujourd’hui, d’autres pistes sont évoquées, comme la maladie de Lyme et les intolérances aux métaux lourds.

En somme, beaucoup d’incertitudes autour de cette maladie demeurent, mais ce qui est sûr, c’est que :

  • Le surpoids favorise la douleur, d’où la pertinence d’une hygiène alimentaire adaptée.
  • L’exercice physique est indispensable et la poursuite d’une activité professionnelle est recommandée car l’inactivité augmente les douleurs.
  • Le stress augmente la perception de la douleur ainsi que de la fatigue. Les personnes atteintes de fibromyalgies évoquent régulièrement leur sensibilité, voire hypersensibilité, au stress et le sentiment d’avoir à se protéger de ce stress.

L’offre thérapeutique actuelle

  • Médicaments. À noter qu’il n’existe pas, en France, de médicaments spécifiques. À défaut, des antalgiques sont souvent prescrits. Les personnes fibromyalgiques étant généralement hyper-réactives au stress et donc, par extension, aux médicaments, les effets secondaires peuvent être supérieurs à ceux rencontrés par une personne qui consulte pour autre chose.
  • Kinésithérapie et ostéopathie
  • Thermalisme (aux thermes d’Allevard par exemple, où il existe une cure spécifique pour la fibromyalgie avec une approche pluridisciplinaire, comprenant notamment de la sophrologie)
  • Sport adaptéfemme qui médite sur un tapis méditation
  • Sophrologie / relaxation
  • Méditation
  • Gi-gong
  • Psychothérapie
  • Acupuncture
  • Cryothérapie

Toutes ces thérapies sont complémentaires et peuvent aider la personne atteinte de fibromyalgie, en agissant en synergie.

L’apport de la sophrologie

En tant que sophrologue, membre du réseau de proximité « Sophrologie et Fibromyalgie », je me propose de vous apporter quelques éléments sur ce que la sophrologie peut apporter à la personne atteinte de fibromyalgie.

L’arrivée chez un(e) sophrologue est tout d’abord un moment privilégié : c’est une pause, une reconnaissance, une espace d’écoute qui s’ouvre. Le ou la sophrologue, attentif/ve aux possibilités de la personne dans l’instant, va lui proposer une autre façon de vivre son quotidien, lui apprendre à s’autoriser des pauses, à se fixer des limites et à composer avec ses réserves d’énergie. En effet, les pertes d’énergie sont généralement importantes chez les personnes atteintes de fibromyalgie. Tout au long de la journée, elles vont avoir besoin de recharger les batteries.

C’est ce qu’un(e) sophrologue va leur apprendre à faire, au moyen de respirations, d’exercices en mouvements adaptés, de visualisations,… Le/la sophrologue formé(e) à la fibromyalgie en connaît les symptômes et les ressentis de ces symptômes. Il/elle va donc pouvoir amener la personne à poser un regard positif sur sa vie, à prendre conscience de ses capacités sensorielles, pour pouvoir vivre son corps plus librement, au-delà de la douleur.

En l’aidant à introduire la sophrologie dans son quotidien, le/la sophrologue permet à la personne atteinte de fibromyalgie de devenir progressivement autonome en vue d’améliorer sa qualité de vie et de retrouver la confiance en soi, l’estime de soi.

Sources :

Enquête de 2014 réalisée par Fibromyalgie France (association loi 1901 agréée au niveau national par le Ministère de la Santé depuis 2007 et reconnue d’intérêt général)
Géraldine Haegeli, sophrologue et formatrice
Réseau de proximité Sophrologie et Fibromyalgie (https://www.reseau-sophrologues-fibromyalgie.com/)