L’histoire de la cosmétique de ces 50 dernières années nous a poussé dans un engrenage qui a fini par rendre aveugles les femmes qui ne lisent pas ce qui est écrit en tout petit, dans un langage totalement incompréhensible aux néophytes, sur le tube de crème tant convoité au prix souvent exorbitant !

par Carole Prost,
Naturopathe, formatrice, conférencère

Cosmétiques des origines

D’un point de vue étymologique, le mot cosmétique vient du grec « kosmos », qui signifiait : « ce qui ordonne le monde ». En grec, le mot a perdu de son sens pour désigner la parure, l’ornement. Puis il est passé au latin sous la forme « cosmetes », qui désignait l’esclave chargé de soigner la parure de son maître, et au français dans le sens que nous connaissons aujourd’hui.

D’un point de vue plutôt règlementaire, on entend par « produit cosmétique » toute substance ou préparation destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain (…) en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect et/ou de corriger les odeurs corporelles, et/ou de les protéger ou les maintenir en bon état.

C’est donc un terme qui a pris un sens plus léger et réduit à un aspect hygiéniste et à l’action superficielle. Le terme cosmétique signifie également « quelque chose d’inefficace », partant du principe que ce qui touche à l’apparence ne touche pas à l’essentiel, et est donc futile. Il va donc nous falloir tenter une réhabilitation de la cosmétique pour lui redonner ses lettres de noblesse et sa place dans une recherche d’une vision toujours plus globale de l’être !

Il faut avant tout reconnaître que depuis des décennies, la cosmétique nous vend surtout du rêve ! Les produits sont emballés dans de beaux flacons, les crèmes promettent des résultats plus que spectaculaires et les marques séduisent leur clientèle à travers des publicités qui utilisent des stars auxquelles nous pouvons nous identifier afin de vendre le produit miracle qui nous rendra beauté et jeunesse éternelle !

Mais d’où vient ce besoin de plaire, voire de séduire ? Et à qui voulons nous tant plaire ?

Pour tenter d’y répondre, il nous faut considérer la valeur symbolique de la peau, qui nous renvoie à la « valeur du moi ». Interface entre moi et l’autre, notre peau nous permet de construire une identité, elle nous aide ainsi à nous définir et à nous valoriser. La mise en beauté par l’application de substances aux vertus bénéfiques pour la peau, le maquillage ou les ornements a d’ailleurs certainement déjà été utilisée depuis la période du néolithique !

L’utilisation de la cosmétique peut être vue comme une façon « d’ordonner », d’harmoniser notre monde intérieur et extérieur afin de renforcer cette « valeur du moi » qui passe aussi par le rituel du soin et le plaisir.

La cosmétique autrement

retrouvez le Hors-série de Naturelles consacré à la beauté au naturel [direction la boutique]

La cosméto-industrie du 20ème siècle

L’histoire de la cosmétique de ces 50 dernières années nous a poussé dans un engrenage qui a fini par rendre aveugles les femmes qui ne lisent pas ce qui est écrit en tout petit, dans un langage totalement incompréhensible aux néophytes, sur le tube de crème tant convoité au prix souvent exorbitant !

Et pourtant, que de substances toxiques dans tous ces produits qui vantent leurs prétendus bienfaits sur la peau ! Que de déceptions quand nous nous penchons sur leur composition : de l’eau, essentiellement, des huiles issues du raffinage des produits pétroliers (huiles minérales), des silicones, des émulsifiants d’origine synthétique et quelques actifs en toute petite quantité (ils dépassent rarement 5% du total des ingrédients), le plus souvent issus eux aussi de la chimie de synthèse ! Sans oublier les nombreux additifs, colorants, conservateurs, parfums…

Un portrait plutôt noir ? C’est certain, mais la réalité est plus dure encore car tout au long de notre vie, ce sont des centaines de tubes et flacons en tous genres que nous allons mettre sur notre peau qui elle, absorbe toutes ces substances avec des conséquences à long terme plus ou moins graves sur notre organisme.

L’utilisation de ces produits issus de la cosmétique conventionnelle a aussi un impact écologique majeur…

Parce que notre peau vaut beaucoup mieux que ça ! L’alternative naturelle

Actuellement, la seule alternative qui nous permette de revenir à des produits cosmétiques sans danger pour notre peau et notre environnement sont les cosmétiques « certifiés naturels ». Attention, là aussi il faut savoir lire entre les lignes. Les grandes marques ont compris depuis quelques années que les consommatrices étaient de plus en plus informées, et se tournent donc volontiers vers le « naturel ».

Beaucoup de laboratoires cosmétiques utilisent dans la composition de leurs produits des actifs naturels pour vendre de la « beauté verte » mais sans pour autant changer leurs formules. Ils ont aussi pour technique d’échanger une substance douteuse contre une nouvelle dont on ne sait encore rien quant à l’éventuelle toxicité.

Pour bien choisir ses cosmétiques, il nous faut donc être vigilantes et regarder les composants de nos produits de très près. Pour cela, il existe de nombreux livres ou des sites internet très complets.

À l’heure de rédiger cet article, il n’existe pas encore de cahier des charge européen ou international qui définissent ce qu’est un cosmétique naturel et biologique. Seuls des labels privés apportent un éclairage sur les compositions. Ils sont très variables au niveau de leurs exigences et il devient alors difficile de s’y retrouver pour les consommateurs.

 

Notre peau reconnaît les actifs naturels !

Si vous préférez vous simplifier la vie, vous pouvez choisir des produits qui utilisent des matières premières brutes sans formulations complexes ou les matières premières elles mêmes. Il est en effet possible d’utiliser une eau florale de qualité biologique pour tonifier sa peau et une huile végétale pour ses propriétés hydratantes et regénérantes.

Nous parlons ici de produits nobles, concentrés, dont les actifs sont issus directement de la plante ! Le vrai luxe de la cosmétique fournit directement par mère Nature ! Et notre peau en raffole… C’est assez logique car ces produits sont composés de substances que notre organisme reconnaît : des acides gras issus de graines pressées à froid, des antioxydants issus de fruits, des huiles essentielles, des concentrés de plantes… Le tout comestible s’il le fallait car le principe d’un produit que l’on applique sur notre peau est qu’il puisse être consommé pour prouver son innocuité ! Vous voyez vous avaler des crèmes issues de la cosmétique conventionnelle ?

 

Valeur humaine, beauté éthique

La plupart des petits laboratoires qui proposent des cosmétiques certifiés naturels, voir biologiques appliquent le plus souvent des principes éthiques que l’on retrouve dans l’entreprise elle même. Ces marques considèrent les hommes et les plantes en lien et leur démarche se ressent dans leurs produits. Le respect des principes du commerce équitable pour les substances qui sont cultivées sur d’autres continents, le respect de l’environnement pour les cultures et la juste rémunération des salariés, producteurs…

Si la cosmétique doit avoir pour fonction d’ordonner un monde, alors il est logique que cela passe par le respect des valeurs des femmes et des hommes qui y travaillent !

L’utilisation des cosmétiques les plus naturels possible, associés à une alimentation de qualité qui apporte à la peau les éléments nutritifs nécessaires à sa régénération, une hygiène de vie plus tranquille et apaisée devrait nous aider à retrouver le sens de la beauté en harmonie avec soi-même, les autres et la nature.

QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR VOS PRODUITS COSMÉTIQUES ?

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux et faites vivre la planète Naturelles en nous racontant votre histoire. Conseils, opinions, vécu, la communauté Naturelles vous attends.