La constipation fonctionnelle chronique est une affection fréquente. Environ 16 % des adultes signalent des symptômes tels que des mouvements intestinaux peu fréquents ou des selles dures.

Texte : Marine Dodet – Naturopathe scientifique, formatrice et conférencière

Constipation : quand la qualité de vie en pâtit…

La constipation est souvent considérée comme bénigne. Et pourtant, l’impact de la constipation sur les patients peut être considérable !

Des synthèses d’études montrent ainsi que plus de 50 % des personnes concernées ont une qualité de vie considérablement altérée. Qu’il s’agisse de santé physique, de santé mentale ou de relations sociales, les impacts dans la vie des personnes sont majeurs.

Pire, les études s’appuyant sur des questionnaires auprès des personnes constipées montrent que l’altération de la qualité de vie est comparable à celle observée dans les affections considérées comme plus « graves », telles que l’arthrose, la polyarthrite rhumatoïde, les allergies chroniques ou même le diabète !

La constipation ne doit donc pas être considérée comme une affection triviale, chez l’adulte comme chez l’enfant. Et pourtant, seul 1/5 des constipés consulte pour cette raison. Sujet encore tabou s’il en est, il est grand temps de lever cette barrière culturelle et sociale.

Un bon transit intestinal est un facteur fondamental de santé et de bien-être… Mais dans la grande majorité des cas, les médecins ou les personnels paramédicaux consultés conseilleront alors des laxatifs ou des stimulants du transit intestinal. Bien que ces médicaments augmentent la fréquence des selles, ils n’apportent qu’une solution ponctuelle, antisymptomatique, et peu satisfaisante dans la majorité des cas, sans parler des effets secondaires potentiels…

Pourtant, l’étude des facteurs prédisposant à la constipation donne déjà de bonnes pistes pour lutter contre cette problématique, et cela naturellement !

Les facteurs favorisants la constipation

Ennemi n° 1 : le stress

Les traumatismes physiques ou psychologiques conduisent facilement au développement d’une constipation chronique. Bien que les mécanismes exacts ne soient pas entièrement compris, il est possible que, dans de telles circonstances, des modifications induites par le stress de l’axe cerveau-intestin contribuent au développement d’une fonction anormale du côlon et du rectum, conduisant au développement de la constipation.

Les erreurs alimentaires

Évidemment, les facteurs alimentaires impactent énormément la facilité à évacuer les selles ! Plusieurs études ont ainsi clairement montré une association entre les régimes pauvres en fibres et le développement de la constipation chronique. De plus, la consommation de fast food , tel que les ingrédients frits, y compris la viande et le poisson, est associée à la constipation.

L’hydratation globale (apportée par les boissons et les aliments riches en eau) est aussi un facteur important puisqu’elle va jouer sur l’hydratation des selles et la facilité plus ou moins grande à les évacuer… Les fibres absorbent l’eau et rendent les selles plus grosses, plus molles et plus faciles à éliminer. L’augmentation de l’apport en fibres aide à guérir la constipation chez de nombreuses personnes, mais les personnes aux prises avec une constipation plus grave constatent parfois que l’augmentation de l’apport en fibres aggrave leur constipation et conduit à un dégagement de gaz et à un inconfort. Dans ce cas, l’augmentation de l’apport en fibres doit être très progressif, afin de laisser le temps à l’intestin et à la flore intestinale de s’adapter.

Les fibres se retrouvent essentiellement dans le règne végétal. Les meilleures sources sont les fruits secs et les légumineuses (soja, lentille, pois chiche, haricot sec) ainsi que les produits céréaliers complets (riz, pain, pâtes, farine, avoine…). Les légumes et les fruits sont également sources ou riches en fibres, selon leur nature.

tableau aliments riches en fibre

La sédentarité

Le manque d’activité physique est le 3e facteur de risque pour une fréquence de défécation plus faible. Les mouvements du corps, même doux, favorisent les mouvements intestinaux et donc l’évacuation des selles. Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire…

Mais aussi…

De nombreux autres facteurs peuvent entraîner des constipations chroniques : les mauvais traitements, y compris dans l’enfance, certaines pathologies (hypothyroïdie ou syndrome du côlon irritable), la prise de certains médicaments (opioïdes, antiacides, antispasmodiques, antidépresseurs, suppléments de fer, diurétiques, etc..) et l’abus des laxatifs, ou encore des changements de vie et de routine (les voyages notamment).

Enfin, n’ignorez pas ces signaux d’envie. Autrement dit, quand il faut y aller, allez-y ! Ignorer à plusieurs reprises les signaux de besoins, parce que « ce n’est pas le moment », peut conduire certaines personnes à cesser progressivement de ressentir cette envie… et bien sûr, in fine, à la constipation chronique.

Pour résumer en une phrase : respirez et relaxez-vous, marchez et bougez, mangez davantage de légumes, de fruits, de légumineuses et de céréales complètes (en quantité raisonnable pour ces dernières)… et respectez vos envies ! dès que vous en ressentez l’envie ! Une vie plus saine en somme !

 

SOURCES
Belsey J. et al. 2010. Systematic review : impact of constipation on quality of life in adults and children. Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 31, 939-949.
Prichard D.O. & Bharucha A.E. 2018. Recent advances in understanding and managing chronic constipation. F1000Research, 1640.
Rajindrajith S. et al. 2016. Childhood constipation as an emerging public health problem. World Journal of Gastroenterology, 22(30):6864-6875.