Vieillir est inéluctable. C’est un fait. Mais pour autant ne peut-on rien faire pour ralentir ce phénomène physiologique naturel ? Serait-il possible, pour tout un chacun, quel que soit son âge ou sa condition physique, d’intervenir sur le cours des choses ? La réponse est sans contestation possible : OUI ! Il suffit tout simplement d’agir au quotidien sur les différents facteurs accélérateurs de vieillissement cellulaire. Facile, non ?

Texte : Thierry Thomas – Consultant, auteur et conférencier – Formateur en cohérence cardiaque, créateur de l’application Respirelax

Lecteurs assidus de « Naturelles » vous savez déjà qu’un mode de vie simple et sain, une alimentation anti-inflammatoire, une activité physique régulière, un sommeil réparateur vous permettront – sauf accident toujours possible – d’atteindre sans accros l’espérance moyenne de vie en bonne santé. En France elle n’est que de 64,1 ans pour les femmes et de 62,7 ans pour les hommes*.

Mais heureusement, vous pouvez largement améliorer ce score si vous évitez une menace très sournoise qui distille son poison à longueur de journée. Menace bien connue mais dont on n’imagine pas l’impact sur le vieillissement : le stress. Rassurez-vous, il existe un antidote efficace, simple, accessible à tous et gratuit : la pratique de la cohérence cardiaque.

balle anti-stress jaune avec smiley qui sourit

Stress et vieillissement : l’équation gagnante

Tout commence par un équilibre instable entre deux hormones : cortisol et DHEA.

Le cortisol, c’est l’hormone du stress. Dès que notre corps se trouve face à une situation qui perturbe son équilibre, le système nerveux autonome, régulateur des fonctions automatiques de l’organisme, envoie les troupes d’élites (noradrénaline, adrénaline et cortisol) pour régler le conflit et rétablir au plus vite la stabilité physiologique : l’homéostasie. C’est le fameux syndrome d’adaptation si bien décrit par le Pr. Hans Selye dans les années 60 : le stress.

Lorsque le déséquilibre est rapidement compensé, tout va bien. Malheureusement, c’est rarement le cas. Nous sommes tout d’abord assaillis par des « stresseurs » à longueur de journée. Cela commence par le réveil-matin, puis la course pour arriver à l’heure au travail, la pression professionnelle, les enfants, les informations anxiogènes… mais aussi, et on l’oublie trop souvent, le bruit, le froid, la chaleur, la pollution, les ondes électromagnétiques, l’alimentation industrielle, le sport mal dosé, la douleur… Bref, nous sommes en situation d’adaptation permanente, 24h/24, pour faire face à des perturbateurs aussi bien endogènes (internes) qu’exogènes (externes).

Et comme si cela ne suffisait pas à notre bonheur s’ajoute une autre donnée. Notre corps est bien conçu à la base, mais en ce qui concerne le stress, les mécanismes d’adaptation sont les mêmes, que notre vie soit en danger ou qu’un simple coup de klaxon nous fasse sursauter. Dans la plupart des cas, nous sur-réagissons. Et comme pour toutes les hormones, il y a des limites à ne pas franchir pour qu’elles conservent leurs effets bénéfiques. Dans ce cas précis : l’excès de cortisol inhibe en permanence la production de DHEA, hormone de la « jeunesse ».

Un phénomène parfaitement résumé par l’expression populaire illustrant stress, soucis et contrariétés : se faire des cheveux blancs. Par ailleurs, la production de DHEA diminuant déjà très fortement avec l’âge, les conséquences sur l’organisme sont évidentes : stress (plus de cortisol) + vieillissement naturel (moins de DHEA) = accélération du processus.

femme qui respire sur un canapé

Un antidote naturel : la cohérence cardiaque

La cohérence cardiaque est une demoiselle tout juste trentenaire. Née dans les années 1990 aux Etats-Unis, cette technique – car ce n’est qu’une technique – permet d’atteindre en quelques minutes un état d’équilibre physiologique et émotionnel remarquable ainsi qu’une amélioration du rapport cortisol/ DHEA.

C’est David Servan-Schreiber qui la fit connaître au grand public français. Depuis, elle ne cesse de se développer. Elle obtient la consécration en 2014 quand la fédération française de cardiologie la propulse à la première place des « 10 règles d’or pour réduire le stress » et ses conséquences sur les risques cardiovasculaires.

Mais de quoi s’agit-il au juste ?

Une simple respiration guidée sur un rythme imposé : 6 respirations amples et complètes par minute soit une inspiration sur 5 secondes et une expiration sur 5 seconde. Cet exercice permet, face à une situation stressante, de recentrer très rapidement le système nerveux autonome.

Pratiquée 5 minutes, 3 fois par jour comme le conseille le Dr David O’Hare, auteur sur le sujet, du best-seller 365**, la cohérence cardiaque augmente rapidement notre résistance aux stresseurs. Mais ce n’est pas tout : elle favorise aussi la production de DHEA. Nous sommes donc doublement gagnants.

Comment pratiquer ?

La seule difficulté notable de cette technique est le respect du timing 5/5. Il existe, pour vous faciliter la tâche, de nombreux guides respiratoires gratuits sur smartphone comme bien entendu le Respirelax que j’ai développé aux Thermes d’Allevard. Vous trouverez aussi des vidéos très bien faites sur YouTube. Des logiciels, plus précis mais payants comme Emwave Desktop ou Heart Tracker, permettront d’aller plus loin dans la pratique. Il ne vous reste plus maintenant qu’à essayer. Vous ne serez pas déçu.

Notes de fin
* Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la santé – janvier 2018
** 365 : 3 fois par jour, 6 respirations par minutes pendant 5 minutes – Editions Thierry Souccar