La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) désigne la liste des ingrédients qui figurent dans une formule cosmétique.

Instaurée en 1973 par une association américaine de fabricants cosmétiques, elle deviendra obligatoire en Europe à partir de 1999.

L’initiative fut des plus importantes en matière de législation cosmétique.

Cette nomenclature scientifique a été totalement standardisée à tous les pays de l’Union Européenne et sa dénomination reste unique. Elle concerne tous les types de cosmétiques.

Cette réglementation a la particularité d’attribuer un nom spécifique à chaque ingrédient, certains sont en anglais et d’autres en latin dans des termes botaniques.

Une fois son nom répertorié, la substance est enregistrée sous la même appellation partout dans le monde, ainsi aucune confusion n’est possible.

Les noms en anglais désignent les substances chimiques et les noms en latin désignent les produits naturels.

A noter que la cosmétique naturelle a fait le choix d’un langage vernaculaire concernant ses listes d’ingrédients, ce qui signifie que la liste est entièrement traduite dans la langue courante du pays de distribution.

Merci pour l’attention, il faut dire que le naturel a rarement quelque chose à cacher !

L’ordre des ingrédients, d’une importance capitale !

La liste INCI a obligation d’inscrire les ingrédients dans leur ordre d’importance, c’est-à-dire du plus volumineux au moins volumineux.

On sait que les 4 ou 5 ingrédients listés en premier constituent 90 à 95% du produit.

La majorité des listes qui concernent les cosmétiques « blancs » débutent par l’ingrédient Aqua, ce qui indique qu’ils contiennent une grande quantité d’eau.

En opposition, beaucoup d’autres débutent par Paraffinum liquidium, ce qui signifie que le plus gros de la formule est constitué d’un sous-produit pétrolier, la paraffine (à ne pas confondre avec la paraffine naturelle).

Et que dire des listes qui débutent par petroleum ou petrolatum dont l’étymologie montre du premier coup d’œil la provenance.

À considérer cependant, que l’un ou l’autre des ingrédients Aqua, Paraffinum liquidium, petroleum ou petrolatum n’indique en aucun cas un produit actif.

Les principes actifs

Les véritables principes actifs sont en milieu de liste lorsqu’ils ont un volume suffisant pour jouer ce rôle d’actifs (c’est-à-dire + de 1%).

On peut également trouver des principes actifs, tels que les huiles essentielles, qui seront présentes dans la liste à moins de 1%, dans ce cas elles feront plutôt office de conservateurs.

Les derniers éléments de la liste entrent dans une catégorie spéciale appelée « les moins de 1% ».

Pour les « moins de 1% » c’est l’anarchie !

En effet, les matières premières dont la concentration est inférieure à 1 % peuvent être mentionnées dans le désordre.

La catégorie concerne également les colorants, ceux-ci sont toujours mentionnés en fin de liste et quelle que soit leur concentration.

Ils apparaissent sous l’appellation CI (Index Colorimétrique) suivie de 5 chiffres (ex : CI 77491Red iron oxide).

À retenir : les CI dont les 5 chiffres commencent par 11, 21, 24, 26, 27 et 28 sont extrêmement douteux sur le plan toxicologique, car dérivés du goudron.

Ils sont « normalement » interdits. Les CI 10,40, 42, 44, 45, 47, 50, 58, 59, 60,61, 62, 69, 71, 73 et 74 sont pour beaucoup interdits aux États Unis, mais bénéficient d’une autorisation restrictive en Europe où ils sont également utilisés dans le secteur alimentaire.

Enfin, les CI 75 et 77 sont des colorants naturels extraits de minéraux et de plantes très bien tolérés par la peau, eux seuls sont utilisés en cosmétique et maquillage bio.

Dérogations spéciales, le point faible !

Sous couvert du secret professionnel et à coup de gros sous, certaines substances peuvent être masquées sous un numéro spécial attribué sur demande dérogatoire.

Ainsi, des substances reconnues ou soupçonnées allergènes peuvent se dissimuler dans un produit.

D’autre part, et c’est vraiment dommageable, certaines substances utiles au processus de fabrication, comme des solvants, ne sont pas mentionnées dans la composition du produit.

Toujours au nom du secret professionnel les ingrédients qui concernent les parfums et les arômes sont camouflés dans l’appellation fourre-tout de « Parfums et Aroma », exception faite des 26 substances parfumantes allergènes qui doivent impérativement être mentionnées.

Ouvrez l’œil sur les principales substances à éviter !

Vérifiez toujours les 5 premiers ingrédients de la liste INCI et faites la chasse prioritairement à ceux listés ci-dessous.

Les silicones, toutes les terminaisons en « -one », « xane », « ane », « thicone » ou « thiconol », -comme par exemple : diméthicones, triméthicone- sont issus d’une substance pétrochimique identique à du plastique liquide.

Très dommageable pour la qualité, la beauté et la jeunesse de la peau, ils s’avèrent aussi très polluants pour l’environnement, car ils ne sont pas biodégradables.

 

 

Gare aux lettres majuscules

Les substances en lettres majuscules sont à éviter absolument : PEG (Polyéthylène glycol), PPG (propylène glycol), SLS (Sodium Lauryl Sulfate).

Également, le BHT (Butylhydroxytoluène) et le BHA (Butylhydroxyanisole) sont absolument à éviter, car très toxiques et dangereux pour la santé humaine et pour l’environnement.

substances toxiques PPG BHT BHA

  • Les parabènes

    On les retrouve sous les appellations : methylparaben, benzylparaben, ethylparaben… perturbateurs endocriniens avérés, ils sont surtout reprotoxiques, c’est-à-dire capables d’altérer la fertilité de l’humain et le fœtus.

  • Les phenoxyethanols

    Ces substances sont les solvants des parabènes, ils sont reprotoxiques et tout aussi dommageables sur le plan écologique.

  • Les suffixes en « glycol »

    Par exemple le propylène glycol qui est un actif phare dans l’industrie cosmétique, principalement pour engager une hydratation artificielle et très vieillissante pour la peau.

  • Les huiles minérales

    Fabriquées à partir du pétrole comme les huiles de nos moteurs, ces corps gras morts sont peu onéreux et très utilisés par l’industrie cosmétique.

    Les huiles minérales sont un danger pour l’environnement, car non biodégradables.

  • Les libérateurs de formaldéhyde

    Peu connus du grand public, on les retrouve sous les appellations (Quaternium 15, Quaternium 18, Polyquaternium 10, DMDM Hydantoin, Chlorphenesin, Diazolidinyl urea, Methylisothiazolinone …).

    Très cancérigènes et allergènes, ils sont catastrophiques pour l’humain et les écosystèmes.

 

Texte : Carol Cassone
Photo : Jhong Pascua