Que notre système digestif abrite toutes sortes d’individus, c’est tout à fait normal : des bactéries en tous genres (agressives, non agressives), des microbes et des champignons. Tout ce petit monde s’accorde en principe plus ou moins bien, ceci grâce à notre microbiote qui se charge de réguler les intrus en les chassant, un peu comme des douaniers à la frontière. Notre frontière, c’est la muqueuse intestinale : celle-ci doit être suffisamment imperméable pour faire barrière aux intrus.

Texte : Delphine Guilloux – Naturopathe-iridologue

Le processus de développement de la candidose

La qualité de cette muqueuse est primordiale pour garantir cette étanchéité. Malheureusement il arrive fréquemment que celle-ci soit altérée par des causes diverses : mauvaise hygiène alimentaire (notamment aliments trop sucrés, trop riches en gluten, produits industriels…), traitements d’antibiotiques à répétition, stress, etc. Le précieux équilibre du microbiote n’est alors plus assuré. Le terrain est alors prêt pour laisser se développer les mauvaises bactéries, microbes et surtout les champignons tels que le candida albicans, et d’autres tout aussi sympathiques comme l’aspergillus, le géotrichum… qui se développent alors anormalement en envahissant et tuant les bactéries protectrices.

Cette maladie, mal diagnostiquée, est bien plus répandue qu’on ne le croit : aux Etats-Unis, 90% de la population a un taux plus élevé que la normale de Candida albicans dans l’intestin. Les chiffres pour la France sont inexistants, mais une majeure partie de la population française est touchée, ne serait-ce que par des mycoses aux pieds. Le champignon est particulièrement difficile à détecter car ses conséquences dans l’organisme sont multiples. En effet, sous forme de moisissure, le champignon se déplace dans tout l’organisme à travers le réseau sanguin, et il a la particularité de se coller sur différents types de cellules corporelles.

Quel dépistage ?

Il est bien sûr possible de mesurer la quantité de champignons présents par un examen des selles auprès d’un laboratoire, ou encore le Salivotest qui détectera la présence de champignons dans la salive, mais il existe plusieurs signes qui ne trompent pas : Ballonnements, gaz, alternance constipation/diarrhée

  • Mauvaise haleine, bouche sèche
  • Fatigue chronique
  • Mycoses vaginales chroniques
  • Mycoses aux doigts de pied
  • Migraines
  • Problèmes de peau (eczéma, psoriasis..)
  • Problèmes respiratoires (difficultés à respirer, asthme, allergies à répétition…)
  • Endométriose
  • Règles irrégulières
  • Points noirs devant les yeux, vision troublée

Si vous présentez au moins 5 de ces symptômes, vous souffrez probablement d’une candidose.

Quel traitement ?

Les antifongiques classiques peuvent être efficaces contre une première candidose digestive diagnostiquée assez tôt. Or, la plupart du temps celle-ci est déjà chronique et installée depuis longtemps. Le candida développe alors une résistance au traitement. Il faut traiter en profondeur, à la fois par le biais de l’alimentation et à l’aide de compléments alimentaires.

1/ Les mesures alimentaires

Pour se débarrasser du candida albicans, il faut l’affamer. Le champignon se développe particulièrement sur les levures et raffole du sucre. Il est donc conseillé de supprimer tous les sucres à l’exception de quelques fruits l’après-midi, ainsi que les levures : pain aux levures, gâteaux, pizza, mais également les champignons, la bière et tous les produits fermentés comme les sauces soja par exemple.

Par contre, il craint les aliments suivants : ail, thym, basilic, betterave, aloe vera, huile de coco. À introduire dans votre alimentation de base !

2/ Les traitements naturels de la candidose digestive

Il existe plusieurs traitements possibles, mais les principes actifs sont les suivants :

  • Extrait de pépins de pamplemousse ;
  • Extrait de feuilles d’olivier ;
  • Extrait de thym ;
  • Huiles essentielles de Girofle, cannelle et Origan ;
  • Ecorce de Lapacho.

Probiotiques : Lactobacillus helveticus, lactobacillus rhamnosus, lactobacillus acidophilus

Pour obtenir un résultat probant, une cure minimum de 3 à 6 mois sera le plus souvent nécessaire, accompagnée du régime alimentaire approprié. Pour une meilleure prise en charge, une consultation auprès d’un naturopathe s’avère nécessaire.