Par Alma Maria Urago – Praticienne en réflexologie plantaire & techniques manuelles d’harmonisation – Instructeur de Hatha Yoga, yogathérapeute

Le Candida est un champignon qui produit pas moins de 79 immunodépresseurs. Ce sont des substances qui neutralisent vos défenses naturelles, ouvrant grand la porte à des maladies plus graves. Plus vous avez de Candida albicans dans le corps, plus vous devenez vulnérable aux infections.

La candidose peut ainsi provoquer le syndrome du colon irritable, de l’asthme, des ballonnements, des flatulences, de la fibromyalgie, de la fatigue chronique, etc. Votre corps a de plus en plus de mal à se débarrasser des germes opportunistes et pathogènes (responsables de maladies), et en particulier des cellules cancéreuses. Un célèbre cancérologue de Rome considère que la mycose est l’une des principales causes de cancer.

En France, ce sont littéralement des millions de personnes qui souffrent d’infections dues à ce type de levure ou champignon microscopique : au cours de leur vie, 75 % des femmes sont touchées au moins une fois.

Fléau des temps modernes

Si on cherche à connaître les causes véritables du fléau du Candida albicans, on ne peut que constater l’effet délétère et nuisible sur la pleine santé provoqué par l’invasion de la chimie dans tout ce que la plupart de la population avale au quotidien : les aliments frelatés, pollués et modifiés, l’eau du robinet, les médicaments avec la prescription à outrance d’antibiotiques, anti-inflammatoires, cortisone… des causes, toutes, du fléau de la candidose chronique.

Aussi la pollution environnementale qu’on respire jour après jour et le stress collectif et individuel greffé à nos tripes, viennent rajouter encore d’autres agressions toxiques pour l’équilibre physiologique de l’intestin. Ces agressions ne font que favoriser l’épidémie sournoise du candida avec tout son cortège de désordres qui détériorent la santé et rendent notre quotidien pénible à vivre.

Le Candida pour les nuls

Le Candida est une levure microscopique qui fait partie de la flore opportuniste du système digestif ; aussi de la flore buccale et urogénitale comptant plus de 150 espèces. Ces mycètes cohabitent paisiblement en symbiose et collaborent avec les bactéries commensales bénéfiques en recyclant des débris organiques, des polluants.

Ce champignon est aussi un champion dans la dégradation ou digestion des sucres (notamment raffinés) dans l’intestin grêle. Il faut savoir que tout le système digestif est habité par une population composée par de milliers de différentes espèces de :

– bactéries commensales, essentiellement bénéfiques à l’équilibre-santé de l’organisme entier ;

– une flore opportuniste qui peut devenir pathogène, dont des levures, bactéries, virus et autres micro-organismes ;

– une flore transitoire en fonction de ce qu’il est ingéré dans nos repas et de l’univers de micro-organismes de différents environnements, dont nous côtoyons quotidiennement.

Lorsque le fragile équilibre, quantitatif et qualitatif, de cet écosystème est transgressé à la faveur de ce parasite et d’autres pathogènes, le candida et ses collaborateurs opportunistes deviennent source de troubles à niveau local ou digestif, et puis, source d’infections ailleurs à cause d’un affaiblissement du système immunitaire.

Aussi d’autres perturbations se produisent du fait de l’invasion des pathogènes dans d’autres muqueuses du corps, ainsi que de leur sécrétion d’endotoxines hautement toxiques pour les liquides interstitielles où baignent les cellules : une interminable variété de souffrances commence à empoisonner le quotidien.

 

Symptômes à gogo

femme mal au ventre en pyjama

La liste de troubles de santé est tellement variée qu’elle peut induire à des erreurs de diagnostique et d’intervention chez le médecin si une clinique et un diagnostique différentiel ne sont pas réalisés, car ni les bilans sanguins ni l’analyse de selles ou la coproculture ne détectent le candida.

La raison de ces faux négatifs est que le candida s’accroche aux parois des muqueuses et de tissus conjonctifs. Le seul bilan fiable actuellement est l’analyse de sang vivant et de sang sec observé au microscope. Le grand inconvénient est que pour pouvoir réaliser cette analyse il faut se payer un voyage au Canada.

Quelques exemples de symptômes et dérèglements provoqués par le candida, une liste tellement longue qu’elle ne peut que fortement interpeller :

  • Des signes digestifs : stomatite, aphtes, colite avec flatulences, ballonnements, pyroses, troubles du transit, démangeaisons anales, hémorroïdes.
  • La fragilisation de la muqueuse intestinale qui dérive vers un syndrome d’hyperporosité intestinale, ce qui représente une fragilisation du système immunitaire, et donc, la porte ouverte au déclenchement, en fonction de la constitution de chaque personne, à des pathologies auto-inmunes, troubles et éruptions cutanées, infections ORL, allergies, asthme, fibromyalgie, pathologies articulaires…
  • Fatigue progressive et inexpliquée
  • Troubles psychiques : état dépressif, anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, troubles de la concentration et de la mémoire, migraines.
  • Troubles du comportement alimentaire en particulier de fringales sucrées.
  • Problèmes dermatologiques : eczéma, acné, psoriasis, mycoses unguéales…
  • Infections gynécologiques et urinaires récidivantes : cystites ou symptômes de cystites (mictions brûlantes, inflammation de la vessie et voies urinaires, envies pressantes et fréquentes d’uriner), mycose vaginale (fortes démangeaisons de la vulve).
  • Dérèglements du système hormonal : hypothyroïdie, SPM ou syndrome prémenstruel, fibromes, ovaires microkystiques…

Si vous vous y retrouvez dans ces manifestations, vous pouvez réaliser le questionnaire du Dr Ph. G. BESSON, un excellent outil de dépistage clinique afin de découvrir si vous êtes susceptible d’être porteur d’une candidose chronique. Si votre score confirme cette suspicion, une prise en charge doit être entreprise avec persévérance, préférablement par l’accompagnement et le savoir-faire d’un/une naturopathe.

 

 

Selon les dernières données statistiques le nombre de français touchés par une candidose chronique a flambé ces dernières années avec des chiffres qui atteignent environ un 40% de la population, les femmes étant les plus concernées.

Les aliments transformés, frelatés, raffinés, donc riches en sucres rapides et acidifiants ; ceux riches en graisses saturées et surtout trans, le gluten du blé moderne ; ou encore les habitudes alimentaires complices des modes de production industrielle faisant partie du quotidien, tout cela contribue à la progressive détérioration du milieu intestinal, déclencheur de dysbiose (déséquilibre de la flore intestinale), puis d’une candidose chronique.

Les antibiotiques, la cortisone, les anti-inflammatoires, les conservateurs, les pesticides, les amalgames dentaires, l’eau chlorée et polluée du robinet… et d’autres xénobiotiques font partie aussi des causes de la dégradation de l’écosystème intestinal et du déséquilibre de son microbiote.

La mastication insuffisante, des associations alimentaires avec une biochimie digestive incompatible et le stress chronique, lequel a des effets physiologiques nuisibles, complètent ce tableau inquiétant.

Comment résister ?

La prise en charge pour redresser un terrain dégradé par une candidose chronique met la personne, qui est déterminée à optimiser son état de santé, à une dure épreuve d’endurance, patience et infatigable persévérance. Car le candida devient un ennemi redoutable et implacable une fois que sa régulation a échappé à tout contrôle à cause d’une flore saprophyte commensal décimée.

En fait, le candida est très résistant et très difficile à faire régresser car il a tout un arsenal d’armes biochimiques : la sécrétion des endotoxines hautement toxiques. Ces endotoxines vont perturber profondément le correct fonctionnement physiologique car :

  • La flore bénéfique est affaiblie au profit des souches pathogènes hautement toxiques, qui vont décimer aussi les défenses immunitaires.
  • Elles entretiennent des états d’inflammation chronique par le biais des messagers chimiques.
  • Elles perturbent le fonctionnement hormonal, le candida est capable de modifier le métabolisme thyroïdien. Aussi, il est friand de progestérone provoquant des états d’hyper-oestrogénie avec des conséquences comme le S.P.M
  • Les endotoxines secrétés par le candida et ses collaborateurs pathogènes perturbent la synthèses des neuromédiateurs du système nerveux, ce que se répercute dans des changements d’humeur et des comportements alimentaires. Le candida est capable de manipuler les pulsions alimentaires, notamment sucrées, au profit de sa survie et prolifération.

Pour finir, à niveau symbolique, la candidose va plus facilement progresser lorsqu’il y a un sentiment plus ou moins conscient de besoins vitaux non satisfaits. La personne agressée par un candida est dans le conflit d’un sentiment d’insatisfaction et d’indigestion émotionnelle du fait de ne pas avoir obtenu ou vécu quelque chose qui la tenait à cœur.

Ainsi, une réforme alimentaire est essentielle et incontournable afin de restaurer un terrain physiologique perturbé et rétablir des paramètres d’homéostasie équilibrés, autrement on ne fait que nourrir les microbes pathogènes et entretenir le terrain à leur invasion opportuniste.

Aussi, différentes fenêtres thérapeutiques par des remèdes naturels doivent être appliquées de façon disciplinée. Pour tout cela, il est fortement conseillé de consulter un/une naturopathe afin d’optimiser l’investissement qui doit être entrepris pour rendre à nouveau le candida un collaborateur non agressif.

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4 règles fondamentales à mettre en application de façon disciplinée

1/ Les aliments a bannir

  • Tous les aliments transformés, raffinés, dénaturés et composés de produits chimiques (conservateurs, exhausteurs, pesticides, édulcorants) des chaînes de production industrielle ou agroalimentaires intensives. Privilégier les aliments biologiques ou agriculture-élevage raisonné en production artisanale.
  • Le café, l’alcool, l’eau du robinet et les médicaments (sauf force majeur), notamment antibiotiques et cortisone.
  • Les aliments à gluten, composés de blé moderne (pizzas, pain type baguette, pâtes, biscuits…)
  • Toute forme de sucre: miel, sucre, sirop d’érable, mélasse, jus de fruits, compotes, confiture, etc.
    Tolérés : stevia et xilitol et chocolat noir à minimum 70 % à compte gouttes.
  • Les aliments riches en sucres rapides et à index glycémique fort : glucose, sucrose, fructose, maltose, miel, jus de fruits (notamment industriels), sirop d’érable, mélasse, fruits secs, confiture, sodas.
  • Les aliments composés de céréales / farines raffinées (ce sont aussi des sucres rapides et des aliments qui génèrent de l’humidité dans les tissus, des « colles ») : blé, épeautre, seigle, avoine. Tolérés : riz semi-complet, kamut, quinoa, millet, sarrasin. Il faut au préalable les pré-tremper pour qu’ils perdent leur tendance acidifiante.
  • Les fruits, riches en fructose (une forme de sucre) Tolérés : les fruits bio mûrs, toujours hors repas: figue fraîche, papaye, banane, kiwi, pomme douce, poire (fruits alcalinisants) et fruits rouges riches en polyphénols (myrtille, canneberge, grenade, cassis).
  • Les produits laitiers Tolérés : le beurre cru bio, le beurre clarifié (ghee).
  • Les levures : notamment chimique. Remplacer la levure par du bicarbonate alimentaire.
  • Les jus de fruits (notamment industriels gavés de fructose), pâtisseries, sauces, charcuterie.
  • Le sel raffiné. Toléré : sel de guérande (gris marin) ou à base d’herbes et riches en potassium.
  • Viande : réduire la consommation a 1 a 2 fois/semaine car aliment fortement acidifiant. Ensuite, une fois cette marche gravie, il faut continuer à modifier l’alimentation avec des habitudes salutaires non seulement pour restaurer le terrain perturbé, aussi pour entretenir notre capital santé.

2/ Privilégier une alimentation alcalinisante afin de restaurer l’équilibre acido-basique et antifongique.

  • Des légumes a tous les repas, notamment à feuilles vertes riches en chlorophylle et des crucifères.
  • Des aromates dans tous les repas non seulement ils stimulent les sucs gastriques pour optimiser la digestion, il sont plein d’antioxydants et de principes actifs anti-bactériens et antifongiques : ail, oignon, cannelle, curcuma, laurier, tilleul, mélisse, noix muscade, cardamome, menthe, badiane, gingembre, origan, romarin, thym, persil, estragon, réglisse.
  • Les graines germées : luzerne, radis, brocoli, lentilles.
  • Des algues fraîches ou déshydratées.
  • Les aliments riches en acides gras à chaînes courtes car contiennent des principes actifs antifongiques efficaces, car ils s’attaquent aux parois cellulaires des candida les faisant éclater : – Acide caprylique : huile de coco et beurre de chèvre – Acide butyrique : beurre cru non pasteurisé
  • De l’eau filtrée : par osmose ou par robinet en inox avec filtre en céramique et charbon actif (type doulton)
  • Des plantes en tisane : bardane, hydrastis canadensis, lapacho, hibiscus, romarin, thym, cannelle, gingembre, ortie, réglisse, angélique, alchémille.

3/ Les aliments source naturelle de probiotiques afin de soutenir le microbiote intestinal bénéfique :

  • Les légumes lactofermentés : choux, radis noir, carotte, betterave. Ces deux derniers légumes racine en crudité sont déconseillés dans un régime anti-candida. Néanmoins, la lactofermentation permet de transformer leurs sucres, rappelons aliment du candida, en acide lactique. L’acide lactique est un désinfectant naturel qui décompose les mycotoxines et optimise l’action bénéfique des vitamines contenues dans ces légumes entre autres fonctions.
  • On commence à trouver de légumes lactofermentés non pasteurisés de plus en plus en boutique bio. Aussi il est possible de s’en procurer sur le site : www.jibio.fr 
  • Les jus de légumes lactofermentés
  • Le tofu lactofermenté

4/ Les aliments source naturelle des prébiotiques et polyphenols qui permettent d’entretenir salutairement la flore saprophyte sans favoriser le candida :

  • Inuline : banane, topinambour, chicoré (aussi en boisson du petit déjeuner), asperges, oignons, ail.
  • Amidons résistants : ce sont les glucides qui ne se décomposent pas en sucre et qui ne sont pas absorbés par l’intestin grêle. Ils aident à créer un environnement dans lequel les bactéries bénéfiques prolifèrent.
  • Patate douce, manioc (attention ces 2 il faut les cuire et les laisser refroidir pour augmenter leur valeur en amidons résistants),
  • Légumineuses, notamment germées, graines entières, banane et farine de maïs.
  • Aliments riches en polyphénols non favorisant le candida:
    – Jus pure 100 % (sans sucre ajouté) bio : canneberge, grenade, myrtille, cassis,
    – Noni.
    – Légumes pourpres/violets : chou rouge, aubergine, roquette, oignon rouge.
    – Épices et aromates : curcuma, gingembre, clou de girofle, cannelle,
    – Cardamome
    – Chocolat noir > 70 % bio à compte gouttes