Par Sylvère Caron – Kinésithérapeute – Ostéopathe do de formation, consultant et auteur de l’ouvrage Le pouvoir de tout changer aux éditions IDEO

 

Il est surprenant d’observer, en ce début de 21e siècle, le nombre croissant de personnes qui font de plus en plus attention à leur alimentation. Et pour cause… les médias nous en parlent constamment.

Que cela soit à la télévision, à la radio, dans les journaux, ou surtout, sur les réseaux sociaux, nous ne pouvons ignorer à notre époque que notre alimentation est un des éléments fondamentaux du maintien de notre bonne santé. De fait, nous faisons tous davantage attention à ce que nous faisons entrer dans notre corps trois à quatre fois par jour.

Les mots « végétarisme », « végétalisme », « véganisme », « flexitarisme » (ou « semi-végétarisme ») et « bio » sont devenus courants et connus de tous. Nombreux sont ceux qui sont persuadés d’avoir une alimentation très rigoureuse, saine et qui pensent respecter PARFAITEMENT ce pilier fondamental, qui, selon l’Organisation mondiale de la santé, est lié à plus de 70 % des pathologies dites de civilisation, c’est à-dire TOUTES les pathologies recensées à travers la planète. Pourquoi ?

Parce qu’on leur a inculqué qu’en mangeant sainement, c’est leur santé qui s’en trouverait impactée. Bien évidemment, une alimentation saine et bio est une des bases fondamentales de notre santé et de notre bien-être. Mais cela n’est pas suffisant !

Nous nous rendons compte que nous pouvons avoir une alimentation saine, bio, végétarienne ou même végétalienne et être totalement déséquilibré d’un point de vue physiologique. D’un point de vue alimentaire, notre santé ne dépend pas que de ce que nous mangeons. La façon dont nous mangeons et les associations alimentaires sont tout aussi importantes et jouent un rôle fondamental.

Ainsi, je peux avoir une alimentation très saine mais cependant déclencher des pathologies à répétition, des lumbagos, des tendinites, des gastrites, des rachialgies, des otites, des cystites et bien d’autres encore…

Pour intégrer cela, il est nécessaire d’être dans la conscience de nos modes de fonctionnement physiologiques et de connaître les différents piliers de l’alimentation.

Les 5 commandements de l’alimentation équilibrée

1/ À mon hydratation je ferai attention

Nous évoluons dans une société dans laquelle nous sommes formatés au quotidien, notamment concernant l’hydratation. Si nous demandons à n’importe qui dans la rue ce qu’il est nécessaire de faire pour être bien hydraté, nous entendrons systématiquement la même réponse … « Il faut boire 1,5 litres par jour. » Il est évident qu’il est important de boire. Mais pas pour les raisons auxquelles nous pensons.

Presque 80 % de cet or bleu que nous ingurgitons serviront à DRAINER notre corps de ses toxines et les 20 % restants à l’hydrater. Une grande partie d’entre nous n’est pas consciente que 80 % de notre hydratation ne vient pas de l’eau que l’on boit mais de notre alimentation.

Alors de quoi parle-t-on ?

Il est question des fruits, des légumes et des germés. A contrario, les protéines (viandes, volailles, poissons, oeufs et produits laitiers), les céréales et certains hydrates de carbone sont considérés comme inertes (c’est-à-dire qu’ils ne nous hydratent pas).

Ce qui fait la différence ? Les fibres ! Ce sont elles qui permettent à notre intestin de retenir cette précieuse eau dans notre processus de digestion. Notre souci en tant qu’Occidental est que soit nous ne mangeons pas suffisamment de fruits et de légumes, soit quand nous en mangeons, nous détruisons les fibres à cause de la cuisson, du pressage ou de l’extraction. En effet, nous avons la fâcheuse habitude de trop faire cuire nos légumes (contrairement aux Asiatiques par exemple qui les gardent toujours croquants) dans nos veloutés et autres ratatouilles.

Ainsi donc, si nous mangeons une orange, elle nous hydrate à 80 % ; en revanche, si nous la pressons et la buvons, elle nous draine à 80 % (parce que les fibres sont écartées). Alors, faisons attention à garder les fibres intactes en évitant de
trop cuire et d’utiliser systématiquement des extracteurs de jus et autres centrifugeuses.

Un peu de physiologie

Nous perdons environ 1,5 litres d’eau par jour à travers notre transpiration, nos urines, notre salive ou notre système lacrymal. Si nous n’apportons pas cette même quantité, nous nous déshydratons.

Or, il se trouve que nous avons des organes vitaux qui doivent être hydratés en permanence.

Si je n’apporte pas cette quantité d’eau (par mon alimentation notamment), mes organes vitaux iront la puiser dans les réserves, bien sûr dans le système conjonctif et musculotendineux, et je commencerai à faire des tendinites (surtout si j’ai de la colère en moi) ; mais aussi et surtout dans mes disques intervertébraux composés à plus de 90 % de cette eau incompressible et je commencerai ainsi à mettre en place des discopathies (tassement, pincement voire hernie discale).

2/ L’index glycémique de mes aliments je respecterai

Je peux être bio à 100 %, végétarien voire végétalien et cependant ne pas respecter l’index glycémique de mes aliments.

L’index glycémique (IG)… mais quèsaco ?

Tout le monde connaît la glycémie, c’est-à-dire le taux de sucre dans le sang. L’IG est la capacité qu’ont nos aliments à faire monter notre glycémie. Les aliments dont l’IG est situé entre 5 et 50 seront considérés comme détenant un IG faible à moyen et feront monter doucement la glycémie. Inversement, les aliments dont l’IG est situé entre 50 et 110 (le maltose par exemple) feront monter fortement la glycémie.

Si je mange systématiquement des fruits, des légumes, des céréales (et autres) bio mais possédant des IG élevés, je stimulerai mon pancréas, générant un pic insulinique qui sera suivi d’une hypoglycémie, laquelle sera à l’origine d’un pic de cortisol (qui a entre autres pour rôle de remonter la glycémie).

Or, plus ma cortisolémie augmente, plus les risques de développer des pathologies inflammatoires augmenteront, sans parler bien sûr des risques de développer des cancers qui ne peuvent se former que sur des cellules enflammées.

Fort IG malgré nous…

Notre souci vient du fait que, sans même nous en rendre compte, nous avons quasi systématiquement une alimentation à fort IG, avec des fibres (fruits et légumes sucrés) détruites par la cuisson et l’extraction (ce sont les fibres qui permettent à notre intestin d’assimiler le glucide comme un glucide complexe), avec des farine blanches raffinées (même bio)… Enfin, l’erreur la plus commise reste sans conteste la consommation de farines extrudées (explosées, croustillantes). À savoir les biscottes, les céréales du petit déjeuner (même les « spéciales régimes »). Ce processus faisant grimper en flèche les IG, privilégiez donc les mueslis et les pains complets au petit déjeuner.

3/ Mon équilibre acido-basique je respecterai

Nous le savons, TOUT ce qui existe dans l’univers de minéral, de végétal ou d’animal est régi par cet équilibre acido-basique (AB). Modifions cet équilibre et la vie cellulaire se meurt.

Ne pas respecter cet équilibre correspondrait à ne pas respecter le bon mélange huile / essence dans un moteur. Cela génère des pannes ! Encore une fois, nous pouvons être végétarien et manger bio et cependant être en permanence en totale acidose cellulaire.

Ce faisant, notre corps ne peut pas faire autrement que de générer des procédés inflammatoires qui viendront perturber notre physiologie et favoriseront la mise en place de pathologies diverses, variées et malheureusement parfois graves.

Un peu de physiologie

Si, par notre alimentation, nous amenons notre corps en acidose, nous le mettons en danger. Pour se protéger, celui-ci n’aura pas d’autre alternative que de mettre en place des systèmes « tampons » afin de lutter contre cette acidose. Pour cela, il ira chercher TOUS les minéraux alcalins à sa disposition pour se rééquilibrer.

Ces derniers sont le magnésium Mg+, le calcium Ca+, le potassium K+ et le fer Fe+. Nous commencerons donc à nous déminéraliser massivement, entraînant de fait de nombreuses pathologies et de nombreux déséquilibres.

Petit conseil matinal

L’erreur la plus fréquente dans notre monde occidental est certainement de consommer un grand verre de jus d’orange le matin (attitude pourtant conseillée par un grand nombre). L’orange est certainement un des fruits les plus acidifiants.

Pour éviter cette acidité matinale, mélangez votre orange dans un mixer avec un fruit alcalin tel qu’une pomme, une poire, ou mieux, une banane. Enfin, un des aliments les plus acidifiants est certainement le sucre ! Notre consommation de cet or blanc est passée de 3 kg/an/habitant en 1950 à plus de 60 kg/an/habitant en 2016. La raison ? L’industrialisation de nos aliments.

Or, ce dernier nous met dans des états d’acidose très importants. Si vous souhaitez maintenir un bon équilibre acido-basique et limiter les problèmes de santé, veillez à diminuer votre consommation de produits industrialisés qui contiennent énormément de sirop de glucose, et dans votre consommation au quotidien, privilégiez le fructose ou le sucre de coco qui ont le double avantage d’être alcalinisants et d’avoir un IG bas.

4/ À diminuer mes toxines je veillerai

Nous passons notre vie à apporter des toxines à notre corps. Bien sûr à travers notre environnement (la pollution, le tabac, …), ce que nous mettons sur notre peau (sels d’aluminium, parabène, …), des prises médicamenteuses trop systématiques, le sport (acide lactique) et notre alimentation.

Tout le monde ne fait pas de sport (cela se saurait !), ne vit pas dans un environnement pollué ou ne prend pas de médicaments, en revanche, tout le monde mange ! De fait notre alimentation devient notre première source d’apport en toxines. Nous pouvons avoir une alimentation bio, végétarienne ou végétalienne et pourtant laisser des toxines entrer dans notre corps à notre insu.

Nous le savons, la législation européenne autorise l’utilisation des pesticides dans les productions bio. Il est cependant un moyen très efficace pour supprimer une grande partie des pesticides de nos fruits et légumes… Le TREMPAGE (minimum 30 minutes).

Le savez-vous ?

Les pesticides vaporisés sont attirés par l’eau, ainsi ils pénètrent dans le végétal par phénomène d’osmose. Le meilleur moyen de faire sortir les pesticides est par conséquent de mettre la plus forte concentration en eau à l’extérieur. Donc de les faire tremper.

Les plus gros apports en toxines viennent certainement des protéines animales et notamment de la viande rouge très riche en acide urique (0,9 g d’acide urique pour 100 g de viande). Or, notre corps ne peut éliminer que 0,5 g d’acide urique par jour. Nous comprenons aisément qu’une trop grande consommation de cette viande viendra charger notre physiologie avec cette toxine hautement néfaste pour nous autres les humains. Nous n’oublierons pas non plus les « gros » poissons tels que thons, saumons ou espadons, riches en toxines (notamment en mercure), auxquels nous préférerons les « petits » poissons tels que maquereaux, sardines, harengs…

Enfin, une petite pensée spéciale pour les produits laitiers (notamment de vache) chargés en toxines, mais surtout générateurs d’une perméabilité intestinale à l’origine de bon nombre de nos maux.

5/ Aux associations alimentaires je ferai attention

Il s’agit là d’une règle d’hygiène alimentaire très peu connue du grand public. La digestion d’une protéine nécessite un environnement acide. À l’opposé, les hydrates de carbone nécessitent quant à eux un milieu alcalin. Notre système peut difficilement être à la fois acide et alcalin. Les deux se neutralisent. Ainsi, si nous mangeons une association des deux, à savoir ce que nous faisons systématiquement, notre digestion s’en verra ralentie de quelques heures.

Lors du repas de midi, nous ne sentirons pas ce ralentissement, mais si nous mangeons non dissocié le soir et que nous allons nous coucher ensuite, malgré notre sommeil, notre système digestif continuera à travailler toute la nuit afin de digérer ce que nous avons avalé en soirée. Nous dormirons, mais nous ne récupérerons pas (ou peu). Voire, nous pourrons nous réveiller systématiquement vers 1 heure ou 3 heures du matin, à l’heure où les cellules de notre foie se régénéreront.

Une grande partie des Français souffrent de troubles du sommeil bien qu’ils aient une alimentation saine ; cette mauvaise association le soir y est certainement pour beaucoup. Il suffit tout simplement, pour permettre à notre métabolisme de récupérer, supprimer (au moins trois à quatre fois par semaine) les protéines le soir. Nous pouvons donc dire que si nous souhaitons réellement prendre soin de notre être d’un point de vue physiologique et si nous sommes des « bio-végétariens », cela ne doit pas nous empêcher de prêter une attention toute particulière non pas à ce que nous mangeons, mais à comment nous le mangeons.

Il y a encore de nos jours trop de personnes qui font très attention à ce qu’elles mangent et qui pourtant déclenchent des pathologies liées à leur alimentation.

Certes, nous le savons, les conflits émotionnels sont principalement à l’origine de ces maux trop fréquents, mais ne pouvons-nous pas dire également que pour que ces conflits s’expriment, il faut que le terrain le permette par des états toxiniques, de déshydratation et surtout d’acidose ?