Après cet hiver, notre corps aspire quand même à un bon nettoyage de printemps, pour se désencrasser, s’épousseter et s’aérer. Le tout avec des plantes bien sûr… Et en plus elles sont gratuites !

La nature dans sa grande diversité et son renouveau, nous offre gratuitement les remèdes qui nous apportent le « vert » qui nous a manqué, mais aussi des éléments nutritifs et dépuratifs non négligeables : ce sont les plantes sauvages dans notre environnement, aux saveurs inhabituelles et délicieuses et qui sont là aussi pour prévenir et guérir les petites affections saisonnières. Leur saveur amère tonifie le foie et la vésicule biliaire.
En route pour la cueillette (modérée) avec panier, sacs en papier, ciseau, petit carnet pour relever le lieu de récolte, dans des endroits bien sûr non pollués (à éviter les bords de route, la proximité de champs traités) et plutôt en milieu de journée. Au retour, le séchage à l’ombre de chaque espèce dans des cagettes et la conservation des plantes à l’abri de la lumière, permettront une utilisation toute l’année.

 

MESCLUN DE SALADES SAUVAGES ET SOUPES

C’est le moment d’aller à la récolte des plantes sauvages qui apportent vitamines et oligo éléments, bien nécessaires en cette période. Veillez à les cueillir propres, loin des habitations, pour éviter la contamination par les excréments des renards.

Vous pourrez composer une salade variée avec les feuilles et fleurs de pâquerette, d’alliaire, de violette, de pissenlit, de lierre terrestre, de jeunes feuilles de tilleul, avec quelques fleurs d’aubépine et de merisier, accompagnés d’une chiffonnade de ciboulette et d’oseille sauvages.

Avec les feuilles d’ortie, de pissenlit, d’oseille, d’épinard sauvage, vous obtiendrez une soupe veloutée aux saveurs oubliées.

 

LA PERVENCHE

Plante des bois, elle forme de vastes tapis aux jolies fleurs bleu-violettes et au feuillage persistant. Elle est vasodilatatrice, diurétique, tonique.

On utilise ses feuilles en tisane pour les affections veineuses, les saignements de nez, l’hypotension légère, les convalescences difficiles, le manque d’appétit.

 

LA PRELE

Ce végétal bizarre, que les paysans appellent queue de renard, pousse dans les sols frais et humides, souvent en grand nombre. Tout est étrange dans cette plante très ancienne : elle n’a pas de fleurs, une première tige marron apparaît au début du printemps puis laisse la place à une tige verte, faite de segments emboîtés, comme les vertèbres d’une colonne vertébrale. C’est cette tige qui possède des vertus diurétiques et reminéralisantes.

Sa richesse en silice en fait un remède adapté pour les fractures, l’ostéoporose, le rachitisme. A prendre régulièrement en poudre, en association avec l’ortie.

 

LE TUSSILAGE

On l’appelle communément « le fils avant le père », car les fleurs apparaissent avant les feuilles, dans les endroits frais, les bords des chemins, et en montagne, dès la fonte des neiges. On récolte ses fleurs d’un beau jaune, ressemblant aux fleurs de pissenlit. Son infusion adoucissante chasse la toux, nettoie la peau et gomme les rides. Il faut toujours passer la tisane pour éliminer les petites aigrettes irritantes.

 

LES POUSSES D’EPICEA, SAPIN, PIN SYLVESTRE

Tout le long du printemps, à différentes altitudes, vous pourrez observer les pousses « vert tendre » des conifères qui apportent de la couleur à ces arbres austères. Ces bourgeons sont riches en vitamine C et A, et, cueillis encore clos, utilisés pour faire des sirops efficaces pour le mal de gorge, la toux, la grippe. On alterne une couche de bourgeons et une couche de miel, on laisse macérer un mois, on filtre et on prend 3 cuillères par jour de ce breuvage délicieux.

 

LA RONCE

Tout le monde connaît cette plante épineuse qui ne se laisse pas facilement approcher et les cueilleurs de mûres en font souvent les frais !

En revanche, on ignore souvent l’intérêt astringent de ses feuilles, récoltées jeunes, pour traiter aphte, gingivite, mal de gorge, enrouement, en tisane ou gargarisme. En décoction, elles agissent sur la diarrhée.

L’infusion des feuilles de ronce, mélangées au thé, fournit une boisson savoureuse.

 

L’AUBEPINE

C’est un petit arbuste dont les fleurs blanches au printemps et les fruits rouges en automne égaient les buissons. On cueille en mai ses fleurs délicates, par temps sec, pour en faire des tisanes. C’est une plante tonicardiaque, régulatrice de tension et calmante.

L’aubépine est recommandée dans des cas aussi variés que la nervosité, les palpitations, les insomnies, l’angoisse, le surmenage, la fatigue, mais elle n’est efficace que si elle est consommée régulièrement et sur une période assez longue.

 

LE TILLEUL

Qui n’a pas été enivré par les effluves des fleurs de tilleul un soir de juin !

C’est un arbre imposant qu’on trouve sur les places de village, dans les jardins mais aussi dans les forêts à l’état sauvage.

Ses fleurs, munies de deux bractées, sont connues de tous ceux qui apprécient les tisanes du soir. Antispasmodique, calmant, le tilleul soulage les tensions et les maux de tête ; il favorise le sommeil en infusion légère et combat le stress ainsi que les palpitations et la tension d’origine nerveuse.

On utilise aussi les fleurs et les feuilles de tilleul en lotion pour nettoyer le visage et calmer les démangeaisons de la peau. Quelques poignées de fleurs dans un bain permettent de se relaxer.

Son bois ou aubier est utilisé en décoction pour la goutte et les problèmes de foie et de vésicule biliaire.

 

LE CHENOPODE BON HENRI

Cet épinard sauvage, bien connu des montagnards, se rencontre fréquemment aux abords des chalets d’alpage. On le reconnaît aisément à ses feuilles de couleur vert foncé en fer de lance et au toucher « sablonneux » sur leur face externe.

C’est un bon remède émollient, laxatif et tonifiant, cependant, les rhumatisants, les goutteux et tous ceux qui souffrent d’hyperacidité, doivent s’abstenir d’en consommer régulièrement.

Ce légume, riche en fer, s’accommode comme des épinards, en tartes, soupes.

 

LA VIOLETTE

C’est une des premières fleurs à s’épanouir au printemps, très discrète, souvent cachée sous les feuilles en forme de cœur.

Pour la cueillette, choisir les fleurs les plus odorantes ; le séchage est délicat, à l’ombre, en couches minces.

La violette contient des mucilages adoucissants. Les fleurs sont utilisées en infusion pour les rhumes, bronchites, toux, ophtalmies et font partie des fleurs pectorales avec la mauve, le coquelicot, le tussilage…

On en fait des sirops, des bonbons et les fleurs décorent les salades.

 

L’ORTIE

Muni de gants et de ciseaux, pour se protéger des aiguillons urticants, on peut récolter une grande partie de l’année les nouvelles feuilles d’ortie, qui rendent de précieux services au niveau médicinal et culinaire.

Riche en carotène, vit C, potassium, calcium, fer, soufre, manganèse, silice, l’ortie n’est pas loin d’être une « panacée ».

Au printemps, une cure de tisane d’ortie pendant 3 semaines favorise l’élimination des toxines, notamment pour l’eczéma, l’urticaire, l’arthrite, la sciatique… C’est aussi un aliment de grande valeur, tonique et reminéralisant, à consommer régulièrement dans des soupes, tartes, sauces.

 

Patricia Combet

 

Patricia COMBET, herbaliste, diplômée de l’Ecole Lyonnaise de Plantes Médicinales, anime aussi des ateliers sur les plantes médicinales et comestibles.

Le programme de ses ateliers pour le printemps :

 

Samedi 7 mai : Balade vers St Jean d’Arvey (1h de marche)

Découverte des plantes médicinales et comestibles des coteaux sud.

Réalisation d’une préparation à base de plantes, suivant la cueillette : beignets, limonades, sirops… Partage de recettes.

de 9H30 à 17H30 (Tarif : 50 €)

 

Samedi 11 juin : Balade dans les Bauges (St François de Sales, la Féclaz, 1H30 de marche)

Découverte des plantes de montagne et de leurs propriétés.

Réalisation d’une préparation à base de plantes : huiles de massage…

de 9H30 à 17H30 (Tarif : 50 €)

 

Mercredi 15 juin : parc de Buisson Rond et jardin du Muséum – Chambéry

Découverte des arbres, leur symbolique, leur histoire, leurs propriétés médicinales. Choix de son arbre.

de 14H à 17H30 (Tarif : 20 €)

 

INFORMATIONS ET INSCRIPTION

Patricia COMBET,Tél : 06 62 00 28 90 ; patricia.combet@free.fr