homeopathie-docteur-henryMédecin généraliste, homéopathe et acupuncteur, le Dr Jean-Yves Henri exerce aujourd’hui en Suisse. Auteur d’une dizaine d’ouvrages, il coordonne l’enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l’aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.

L’homéopathie, c’est (presque) fini ?

Le contexte
Ne nous voilons pas la face, l’homéopathie française est en voie de disparition ! Les écoles sont désertées, les jeunes médecins étant plus séduits par les aspects scientifiques de leur pratique (l’Evidence Based Medicine) que par les arcanes de la matière médicale. Le millier de médecins homéopathes encore en exercice fond comme neige au soleil, rattrapé par les charmes de la retraite. Enfin, le laboratoire Boiron, à présent en situation de quasi monopole, à présent coté en bourse, a supprimé l’an dernier 1650 références de remèdes sur 2000, nous laissant désarmés, dès que le cas s’avère un peu complexe !

Observation
En Europe, comme en Amérique, quelques années plus tôt, les troubles fonctionnels sont progressivement pris en charge par les psychologues, les ostéopathes, les naturopathes (micro-nutrition) et les acupuncteurs. Le seul pays où l’homéopathie est en croissance est l’Inde, les praticiens non-médecins ayant un statut spécial (formation spécifique de type Bachelor + droit de pratique). Les nombreux échanges que j’ai pu avoir avec eux m’ont démontré leur bon niveau de connaissance de la Matière médicale homéopathique.
La pratique de l’homéopathie « à la française » (moyennes dilutions 4 à 30 CH – répétés ou associées) n’est pas la norme, ainsi, les germanophone utilise plus volontiers des associations de remèdes en basses dilutions, les anglophones des hautes dilutions en K espacées, les indiens des 200CH ou des LM … Chacune de ces pratiques ayant des avantages et des limites spécifiques qu’il faut connaître.

Réflexion
1/ il est urgent de faire connaître les ponts existants entre nos différentes pratiques (psychologie – homéopathie – Médecine traditionnelle chinoise). Nous avons concentré nos efforts là dessus ces 25 dernières années avec des résultats remarquables (cf. les publications de notre site : www.medecine-integree.com). Ce point est important, car l’utilisation de ces approches facilite considérablement l’apprentissage de la matière médicale et la pratique de la consultation homéopathique.
2/ Il faut abandonner l’idée de former des médecins homéopathes dans le contexte actuel (la médecine est entre les mains des gros laboratoires qui manipulent les experts et oriente les recherches dans le sens qui leur convient). D’autant que les « références médicales opposables » exposent à présent les médecins homéopathes aux foudres du conseil de l’ordre.
3/ il faut réfléchir à la possibilité de développer l’auto-médication, pour ce faire, nous avons développé une cinquantaine de formules simples (les « complexes homéopathiques d’urgence » – très utilisés par exemple par les dentistes) et nous favorisons les deux laboratoires encore libres (Lehning et Weleda), dont l’activité complexiste est la spécialité.
4/ il faut développer les tests biologiques en homéopathie (profils BNS et HTS, voir principes sur notre site, chapitre « biologie fonctionnelle ») : ces examens apportent la preuve expérimentale de l’action des remèdes homéopathiques et assurent au praticien une objectivité à la gravité de la situation et une aide au choix des remèdes homéopathiques de la situation.

Il faut contacter et former les praticiens non-médecins (on estime à 6000 le nombre des naturopathes en France), les sensibiliser (les faire adhérer à une association de défense de l’homéopathie, comme : www.ahpfrance.com) et mettre à leur disposition des modules de e-learning, afin de les former au mieux dans notre belle discipline. L’association pourrait se donner comme objectif de favoriser leur formation (soutien au e-learning, bourses d’études, label de sérieux validant les meilleurs cursus ?), de faire largement connaître les dates et lieu des prochaines rencontres, ainsi que les différentes actions menées.
La défense de la pratique de l’homéopathie en Europe et plus particulièrement en France, doit mobiliser toutes les bonnes volontés, celles des naturopathes et de leurs patients en premier lieu !

Dr. J.Yves HENRY